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78 CHRONIQUE LOCALE.
tissus d'une feuille d'arbre sont reproduits avec unefidélitégéométri-
que.
« Voici les principales applications de cette découverte :
« Au point de vue des arts, l'impression photographique sans lumière,
la reproduction des gravures et des dessins préalablement mercurisés'
sans le secours des rouleaux, presses et cylindres traditionnels.
« Au point de vue de la botanique, l'empreinte des feuilles, des
tiges et desfleursdestinées à servir de types pour les collections savan-
tes ou particulières.
« Au point de vue de la physiologie animale et de l'hygiène publi-
que, l'étude et par suite l'annulation des terribles effets du mercure
sur l'organisme des individus appelés à manier cette substance, princi-
palement dans les ateliers d'étamage de glaces.
« Cette brochure, écrite avec la gravité du penseur austère, la
bonne foi de l'homme convaincu, le laconisme précis et technique du
savant, n'est pas destinée seulement aux honneurs académiques ; elle
est d'un intérêt général. Elle porte le cachet de l'inventeur et de
l'homme à la fois utile et bienfaisant. »
Saluons donc avec empressement cette découverte précieuse et
hâtons-nous d'inscrire le nom de M. Merget parmi ceux des hommes
qui ont bien mérité du pays.
Hélas! Lyon a bien besoin de recruter des célébrités. Celles que
nous étions habitués à vénérer ou à aimer s'éteignent et disparaissent.
Hier c'était M. Louis Guérin> aujourd'hui c'est M. Arlès-Dufour, M.
de Persigny, Mgr Pompailler, M. Christôl, SJ. Lepage, M. Lehmann,
on dirait que là cité veut se découronner.
M. Arlès-Dufom% chef d'une des plus célèbres maisons de notre ville,
était né à Cette, en 1797. Hardi, intelligent, avancé dans le chemin du
progrès, il s'était mis à la tète des libre-échangistes lyonnais et, à la,
Chambre du commerce, au Conseil municipal, au Conseil général du
Rhône, comme aux Expositions de Paris et de Londres dont il avait
été un des membres les plus actifs, il avait toujours promulgué avec
ardeur ses convictions. Il s'est éteint à Cannes dans la nuit du 20 au
21 janvier, laissant un grand vide dans l'industrie lyonnaise.
Le 12 du même mois, était mort à Nice , après une longue et dou-
loureuse maladie, M. le duc de Persigny qui, de l'enfance à l'âge mûr.
avait touché aux deux extrémités de la fortune. Forézien, aimant son
pays, archéologue, il avait créé l'institution et le musée de la Diana
de Montbrison et publié, dans la Revue du Lyonnais, l'histoire de ce
célèbre monument. Nous souhaitons que son œuvre lui survive.
M. Ghristôt, jeune médecin qui donnait les espérances les plus
brillantes, dans une ville dont les illustrations médicales sont connues
du monde entier, a succombé à la suite des fatigues de la guerre, de
l'émotion causée par le massacre de l'ambulance de Saône-et-Loire et
de travaux surhumains accomplis en vue du majorât. M. Ghristôt est
mort martyr du devoir et de la science.
M. Lèhmann, graveur, s'était fait un nom dans son art. La révolu-
tion de 1870 lui ayant ôté une modeste place, son unique gagne-pain,
il a succombé sous l'étreinte de la misère et des ennuis. Cette forte et
vigoureuse organisation, cette nature sympathique s'est éteinte loin
des amis dont l'affection et les soins auraient adouci l'amertume de
ses derniers moments.