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                 NOTICE SUR JEAN DE VAUZELLES.                       B9

  Puis Marot, au risque de mériter l'accusation de lèse-
galanterie, invite tous ses confrères en Apollon à faire
des contre-blasons, c'est-à-dire à brûler ce qu'ils ont
adoré, et publie, pour leur donner l'exemple, l'épi -
gramme du Laid Têtin.
         Là doncq, là doncq, poussez, faites merveilles :
         A beaulx cheveux, et à belles oreilles,
         Faictes-les-moy plus laides que l'on puisse,
         Pochez cest euil, etc.
         Describvez-moy en style espouvantable
         Un sourcil gris, une main détestable....
         Et pour le prix, qui mieulx faire sçaura,
         De verd lierre une couronne aura
         Et ung dixain de Muse marotine,
         Qui chantera sa louange condigne.

   Et nos poètes, suivis de plusieurs autres qui n'étaient
pas d'abord entrés en lice, de chanter la palinodie; mais
l'auteur du Blason des Cheveulx, quoique le prix pro-
posé au vainqueur fût un dixain de Marot, comprit que
ce serait passer les bornes et ne fit pas de contre-blason.
   C'est alors que Jean de Vauzelles essaya de ramener
les blasonneurs à des idées plus graves, en composant
lui même le Blason de la Mort (18). Cette pièce(19), si elle

  (18) Le poète Voulté s'en tire plus galamment par cette épigramme,
qui se trouve au premier livre de son recueil :
                           Adpoetas Gallos
                    Qui muliebria membra laudarunt

                 Faemiaa quidveslra depingitur arte, poetse ?
                    Depingi vivo Bulla colore potest.

   (19) Le prieur de Montrottier l'a paraphrasée en prose, dans son
livre des Simulachres, au chapitre bizarrement intitulé : Diverses ta-
bles de Mort, non painctes, mais extraictes de Vescriptwre saincte, co-
lorées par Docteurs Ecclésiastiques et umbragées par Philosophes.