page suivante »
NOTICE SUR JEAN DE VAUZELLES, S7
plusieurs poètes imaginèrent de célébrer sur le même
ton , ou , comme on disait alors, de à lasonner les autres
parties du corps féminin (14). Parmi eux figure dans
les recueils du temps, comme auteur du Blason des Che-
veulx, un des frères Vauzelles (sans doute Matthieu (15),
en compagnie de Maurice Seève, Heroêt de la Maison-
neuve, Albert-le-Grand, Victor Brodeau, Claude Cha-
puys, François Sagon, etc. C'était l'époque des tour-
nois poétiques : Marot soumit ces petites pièces au juge-
ment de la duchesse de Ferrare, Madame Renée de
(14) Le recueil de ces pièces, auxquelles on en joignit plusieurs de
Marot, fut imprimé sous ce titre : Blasons anatomiques du corps fé-
minin, faits par divers auteurs, (Lyon, François Juste, 1537, in-16).
11 en parut, dans le même siècle, deux autres éditions, l'une à Paris,
chez Charles l'Angelier, 1550, in-16, et l'autre, qui n'est qu'une très-
mauvaise contrefaçon de celle-ci, chez la veuve Jehan Bonfons, sans
date. D, M. M... (Méon) fit réimprimer ce recueil à Paris, en 1807 et
1809, en y joignant d'autres blasons.
(15) Le Blason des Cheveulx, réimprimé, sans nom d'auteur , dans
les œuvres de Clément Marot (édition de Langlet-Dufrenoy , 1731),
avait d'abord été attribué à la reine de Navarre, sœur de François I",
des œuvres de laquelle il fut ensuite retranché par J. de la Haye,
valet de chambre de cette princesse et éditeur des Marguerites. Dans
les recueils originaux, fidèlement reproduits par Méon, et auxquels
nous nous sommes reporté , il est précédé du mot Vauzelles, qui
dissipe toute incertitude, et daté de 1536. Reste à savoir auquel
des trois frères il y a lieu de l'attribuer. Or, George de Vauzelles,
alors chevalier de Malte , ne paraît point s'être occupé de poésie.
Quant au prieur de Montrottier, comment admettre qu'il ait célébré
les beautés du corps féminin, alors que son Blason de la Mort, inséré
dans les mêmes recueils, n'est qu'une critique en forme d'épilogue
des autres blasons ? Sa pièce, d'ailleurs, n'est pas seulement précédée
du mot Vauzelles, elle est encore suivie de la devise ordinaire : D'un
vray zèle. L'auteur du Blason des Cheveulx doit donc être Matthieu
de Vauzelles, qui aimait à composer des vers, comme la plupart des
jurisconsultes de son temps.