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434 HIST01BE de lui des troupes vaillantes et dévouées, élagua les serviteurs douteux et attendit les événements. Guichard-le-Grand ne pouvait, avec les forces réunies du Beaujolais et de laDornbes, enlever un ennemi si bien pré- paré, mais il avait dans le comte de Savoie un allié toujours prêt à guerroyer contre Genève ou le Dauphiné. Depuis qu'il portait la couronne, Edouard montrait une prodigalité compromettante et une bravoure qui allait jusqu'à la témé- rité. En ce moment, sous les plus vains prétextes, il ravageait les terres du seigneur de Faucigny et du comte de Genève; Guichard lui montre, sur les bords de la rivière d'Ain, une proie brillante, il lui offre un but digne de son courage ; sa politique a organisé une ligue puissante dont le comte sera le maitre et le chef; Edouard consent ; l'espoir de porter un grand coup enivre son orgueil, il se décide, malgré l'avis de ses fidèles serviteurs, se rend a Bourg et de là fait appel à tousses vassaux. Par les soins de Guichard, des messagers sont envoyés au duc de Bourgogne, au comte d'Auxerre, au comte de Qui- bourg. De son côté, la noblesse savoisienne descend des mon- tagnes, entraînant l'élite de ses vassaux ; une armée nom- breuse, et comme Edouard n'en a jamais commandée, accourt de tous les points, se forme, s'organise et dresse ses pavillons sur les bords de la Reyssouze ; il semble que le comte de Savoie aille conquérir un empire ; si la frontière est désarmée, si le pays est dépeuplé, qu'importe ! Jamais plus belle armée ne fut réunie sous la croix blanche, et la victoire ne saurait trahir d'aussi épais bataillons. Les plus vaillants capitaines du Dauphiné s'émurent quand on apprit qu'Edouard se mettait en mouvement. L'armée se dirigea lentement vers Pont-d'Ain, traversa la rivière et vint se déployer au pied des collines, entre Saint-Jean-le-Vieux