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de lui des troupes vaillantes et dévouées, élagua les serviteurs
douteux et attendit les événements.
   Guichard-le-Grand ne pouvait, avec les forces réunies du
Beaujolais et de laDornbes, enlever un ennemi si bien pré-
paré, mais il avait dans le comte de Savoie un allié toujours
prêt à guerroyer contre Genève ou le Dauphiné. Depuis
qu'il portait la couronne, Edouard montrait une prodigalité
compromettante et une bravoure qui allait jusqu'à la témé-
rité. En ce moment, sous les plus vains prétextes, il ravageait
les terres du seigneur de Faucigny et du comte de Genève;
Guichard lui montre, sur les bords de la rivière d'Ain, une
proie brillante, il lui offre un but digne de son courage ; sa
politique a organisé une ligue puissante dont le comte sera le
maitre et le chef; Edouard consent ; l'espoir de porter un
grand coup enivre son orgueil, il se décide, malgré l'avis de
ses fidèles serviteurs, se rend a Bourg et de là fait appel à
tousses vassaux.
   Par les soins de Guichard, des messagers sont envoyés au
duc de Bourgogne, au comte d'Auxerre, au comte de Qui-
bourg. De son côté, la noblesse savoisienne descend des mon-
tagnes, entraînant l'élite de ses vassaux ; une armée nom-
breuse, et comme Edouard n'en a jamais commandée, accourt
de tous les points, se forme, s'organise et dresse ses pavillons
sur les bords de la Reyssouze ; il semble que le comte de
Savoie aille conquérir un empire ; si la frontière est désarmée,
si le pays est dépeuplé, qu'importe ! Jamais plus belle armée
ne fut réunie sous la croix blanche, et la victoire ne saurait
trahir d'aussi épais bataillons.

   Les plus vaillants capitaines du Dauphiné s'émurent quand
on apprit qu'Edouard se mettait en mouvement. L'armée se
dirigea lentement vers Pont-d'Ain, traversa la rivière et vint
se déployer au pied des collines, entre Saint-Jean-le-Vieux