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396 HISTOIRE.
Quoi qu'il en soit, la note de Saint-Etienne fit ressor-
tir au grand jour la rivalité des deux principales villes
,du Forez, rivalité qui datait déjà de l'époque de la créa-
tion des sénéchaussées au 17e siècle, mais qui s'était
surtout développée depuis la suppression de celle de
Saint-Etienne au milieu du 18 e . Aussi cette ville insista-
t-elle vivement pour avoir un tribunal distinct de celui
de Monbrison. «Saint-Etienne, qui compte 28,000habi-
tants dans ses murs, et 70,000 sur un espace de quatre
lieues carrées, demande vainement des juges depuis
vingt ans, » dit-elle à l'Assemblée nationale.
Quand la capitale du Forez eut perdu tout espoir de
devenir chef-lieu de département, elle demanda le tri-
bunal supérieur, ou même un tribunal de cassation (car
il n'y avait pas alors une cour supérieure portant ce
nom), pour sauver son bailliage, qui jouissait, il est vrai,
d'une certaine réputation. Mais tout fut vain, et sans
doute cette circonstance ne fut pas sans influence sur le
parti qu'adopta plus tard Montbrison, lors de la révolte
de Lyon contre la Convention.
Nous avons parlé de la protestation de Beaujeu. Ses
prétentions n'allaient pas si loin que celles de Montbrison,
niais son opposition fut d'abord plus vive. Cette ville
alla jusqu'à demander son union au Maçonnais, si on ne
lui accordait pas un chef-lieu de district. Voici le nom
des paroisses qui s'associèrent à la demande de Beaujeu,
et envoyèrent leur adhésion à l'Assemblée en décembre
1789 : Ardillats (les), Avenas, Belleroche, Cercié, Che-
nelette,Cheroub!es, Claveysolles, Emeringes, Etoux (les),
Germolles, Lancié, Lantignié, Marchampt, Monsol, Ode-
nas, Ouroux, Poule, Propières, Quincié, Rigné, Saint-