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POÉSIE.
Avant les roses parfumées
Aux rayons brûlants du matin.
Quand l'aigle, au dessus des abîmes,
Monte vers Dieu sans l'irriter,
Dieu précipite de leurs cimes
Le mortel qui veut l'imiter.
Il absorbe l'âme ravie
Dans l'éblouissement des cieux,
Comme le cygne éteint sa vie
Dans un soupir mélodieux.
Poètes 1 enfants de la lyre,
Tci bas toujours en éveil,
De trop près, dans votre délire,
Ne regardez pas le soleil.
Ne cherchez pas où va cette onde,
Cette mer au cours agité,
Sur qui votre aile est vagabonde,
Alcyons de l'humanité !
En effleurant sa blanche écume,
N'en gardez pour vous que le miel :
La gloire est le feu qui consume
Le génie aux portes du ciel !
Sylvain BLOT.
1864.