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364                    DEUX ITINÉRAIRES

son portefeuille. Nous bûmes et trinquâmes avec lui en l'hon-
neur du sauvetage de ce précieux dépôt.
    Du col du Géant à Courmayeur en Piémont, la descente
est littéralement à pic. Elle exige de grandes précautions et
l'aide constant des guides, car on est au bord de précipices
incommensurables. Nous l'accomplîmes fort heureusement
et à huit heures du soir nous retrouvions notre bon hôtel
Royal de Courmayeur et l'excellent Bartolini, son proprié-
taire, après une course de dix-huit heures dont douze sur les
glaciers.
                     8me journée. — (5 août).

   Elle fut tout entière consacrée aux délices de Capoue que
la charmante bourgade de Courmayeur peut comporter. Les
plaisirs variés du bain, de la table, de la promenade en voi-
ture, du Casino, captivèrent nos instants. Au bout du compte,
le sybaritisme n'élait-il pas excusable après les travaux d'Her-
cule delà veille?
                    9 m0 journée. — (6 août).

   Bien reposés de nos extrêmes fatigues de l'avant-veille,
nous entreprenions de franchir en une journée les quinze
lieues qui séparent Courmayeur de Martigny, en traversant
le col Ferret. La vallée de Ferret, peu fréquentée des touris-
tes, est une des plus belles de celles qui entourent le Mont-
Blanc. Elle est riche en glaciers, à l'ouest surtout, où elle est
bordée par les énormes masses du Géant, par les Jorasses et
l'immense glacier du Triolet. A l'est, pâturages et forêts,
superbes. Beaucoup de sites imprévus, d'échappées merveil-
leuses, de passages variés. Après six heures de marche, on
atteint le col Ferret qui exige, pour être gravi, deux heures
 de torte montée: C'est la répétition du Buet : ardoises glis-
 santes, reculades incessantes. On arrive enfin à un bassin
 désert entouré de toutes parts de cimes couvertes de neige.