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322 MORNANT.
les RR. PP. Capucins, par l'ordre de l'archevêque, et avec
la permission de M. Thiry, curé du lieu. On leur désigna,
pour chanter leur office et assister au service divin, la tri-
bune qui était sur la grande porte de l'église ; on leur ac-
corda aussi le couloir qui était sur les chapelles de Saint-
Roch et de Sainte-Catherine, pour en faire leur vestiaire,
ainsi que l'usage de la seconde cloche, pour annoncer l'heure
de leur office. Toutes ces concessions n'étaient que de sim-
ples permissions révocables, qui ne donnaient aucun droit
de propriété et qui ne les dispensaient pas de payer leurs
places à qui de droit. C'est ce que ne reconnurent pas tou-
jours les pénitents de Mornant, car je vois qu'en 1699 et
en 1704, M. le prieur du lieu les fait assigner pour se voir
condamner a relâcher la tribune dont ils s'étaient emparés.
{Voir le sommaire des litres les plus nécessaires du prieuré
de Mornant, dans les archives de la fabrique). 11 n'est donc
pas étonnant qu'on ait éprouvé quelque difficulté lorsqu'il a
fallu les faire déguerpir de cette même tribune en 1846, pour
l'agrandissement de l'église, car cette société existe toujours
dans l'église de Saint-Pierre de Mornant, et l'on vient de fort
loin pour assister à la procession qu'ils font le Jeudi-Saint
à la lueur des torches. Cette cérémonie offre en effet quel-
que chose de lugubre et d'imposant tout a la fois.
Le 5 janvier 1715, M. de Murard étant prieur, et M. Be-
noît Molin étant curé de Mornant, a la suite d'une mission
prêchée par les Messieurs de Saint-Lazare, la Société des
Dames de la Miséricorde ou de la Charité, fut érigée pour
l'assistance des pauvres malades delà paroisse. Cette Société
a toujours contribué puissamment au soulagement des mal-
heureux et elle vient encore d'être d'un grand secours pen-
dant les armées de 1856 et 57, où les vivres étaient très-
chers.
Le prieuré de Mornant (ut réuni, par Mgr de Saint-Georges,