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274                        DECHAZELLE.

   Depuis quelque temps, M. Dechazelle vivait retiré
dans son domaine de Parcieu, au sein de la plus douce
aisance et de la plus parfaite tranquillité. Entouré d'une
famille aimable, qu'il avait façonnée au goût et au lan-
gage des arts, il passait avec elle des jours tissus d'or et
de soie, pour me servir d'une expression vulgaire rela-
tive à son art manufacturier. Soigné par une nièce aussi
vertueuse que spirituelle, il n'avait pas le temps de
ressentir les atteintes de l'ennui Comme nous l'avons
dit ailleurs, sa maison était le rendez-vous des artistes
et de tout ce qui avait un véritable talent. Sa conversa-
tion était des plus vives, des plus gaies et des plus inté-
ressantes. Précieux dans sa diction toujours fleurie, on
aurait pu lui appliquer un des vers que Delille adressait
à une célèbre fleuriste de Lyon, Mme Roux-Montagnat,
dans ses poésies fugitives :
           Tu dis un mot, c'est une fleur encore.

    M. Dechazelle se plaisait à protéger les jeunes gens
qui commençaient leur carrière pittoresque. De plus, il
 les accueillait avec bonté, les occupait, les gardait sou-
vent auprès de lui des mois entiers pour les faire tra-
vailler sous ses yeux et les aider de ses bons conseils.
J'en prends ici à témoin l'élite de l'école lyonnaise, les
Grobon, les Revoil, les Richard, les Dunant, etc., qui
pourront attester combien les avis et l'exemple de cet
homme habile leur furent profitables. M. Revoil surtout,
qui tenait à honneur de se dire son disciple et qui est
resté plus longtemps dans sa charmante retraite de
Parcieu, pourra dire la douceur, la bonté, la gaîté spi-
rituelle de son caractère, qui s'accordait si bien avec le