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160 VOYAGE EN CHEMIN DK FER et alors le frein de la raison est absolument nul. Champier raconte qu'avant la rebeine le blé avait été d'un prix assez hautain, vingt-cinq sols le bichet. Postérieurement « et à cause de cette rébellion , le blé est monté à Lyon « en brief temps à trente-cinq sols tournois le bichet. » Pendant le règne de la Terreur, une multitude de préten- dus accapareurs furent mis à la lanterne ou périrent sur l'échafaud ; mais le froment était arrivé à un tel excès de rareté qu'un morceau de pain blanc passait pour une gourmandise aristocratiqne. La plupart des gens com- promis dans l'émeute s'enfuirent en Savoie; cependant on en arrêta plusieurs qui emportaient des sommes con- sidérables, « et spécialement un fut pris à Mézieux, à « trois petites lieues de Lyon, lequel avoit sur lui sept « cents francs ou plus de testons, qu'il disoit avoir pris « chez Gymbre, » un de ceux dont les maisons furent pillées. En 1528, le roi ayant besoin d'argent voulut imposer la ville de Lyon pour une forte somme. Le consulat, obligé de faire d'énormes dépenses à l'occasion de l'éta- blissement des remparts de la colline de Saint-Sébastien, chargea Hugues Dupuy, docteur, et Claude Gravier, no- taire royal secrétaire de la ville, d'aller en cour devers le roy, et de faire des remontrances, basées sur l'impos- sibilité où se trouvaient les citoyens de Lyon de fournir une somme d'argent : « pour faire et continuer les clô- « tures, murailles et boulevards, ils ont tout pris sur eux, « car faut entendre que ladite ville est la plus pauvre de « deniers de ce royaume,qu'elle n'a pas trois cents francs « de revenus par an, qui n'est pas pour payer les officiers « ordinaires. » La situation financière de notre ville est