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(22              CHRONIQUE D'AKCHL-OLOGIE

même quand, s'inspirant d'Ovide, l'auteur s'essaie à dire
les merveilles delà nature, l'harmonie succédant au chaos. »
En somme son style n'est autre que celui des sotties de
l'époque.

    La trame de la pièce est des plus simples. Dame Nature
a créé une rose magnifique qu'elle a fait élever par dame
Prudence. La rose a prospéré et elle est maintenant en état
de porter fruit si elle est remise à un habile jardinier. Or,
il s'en présente trois : Loyal Désir, Cœur Valeureux et Franc
Vouloir ; auquel la, remettre ? Il est convenu entre Nature et
Prudence que ce sera au jardinier dont les « dicts » seront
les meilleurs. Ils s'acquittent l'un après l'autre de leur
épreuve, et Cœur Valeureux proclame :

           « Moins plus délectables que Hephron
           Et aultant nior.t que Caucasus
           Plus haultain nest Seyr en Hedon
           Ny plus solempnel Parnassus.
           Rien ne vous passe Libanus
           Duquel vient lencens en maints lieux
           Car vous estes les pardessus. »


  La poésie est, à nos yeux, médiocre, mais il n'en va pas
de même pour Nature et Prudence qui, à cause des belles
pensées exprimées par Cœur Valeureux et deson style pom-
peux, lui décernent la rose,c'est-à-dire la fiancée,et répètent
à plusieurs reprises :

                Il ny a nul que dise mieulx,

jouant ainsi sut le nom du noble chevalier Disimieu.

   Il faut savoir gré à M. Mugnier d'avoir publié cette farce
et de l'avoir fait selon toutes les exigences de la critique