Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                          « FLUUSTIER »                           407
          De moy auras un double chalumeau • • . . . • .
          Faict de la main de Raffy Lyonnais ; ' [
           Lequel, à peine, ayeu pour un chevreau,
          Du bon pasteur Micha'u que tu cognoys.
          Jamais encore n'en sonnay qu'une foys
          Et si le garde aussi cher que la vie !

   Voilà un diplôme de mérite en règle, d'autant plus
flatteur pour notre compatriote, qu'il émane d'Une plume,
célèbre et, nous le. croyons aussi, d'un connaisseur. Marot,
en effet, était musicien : pourquoi n'eût-il pas joué de la
flûte ou de l'un de ses similaires, tous instruments,si fort en
honneur au xvie siècle que : « Le plus galant homrrjage,
dit M. H. Lavoix fils (1), qu'un amant bien épris pftt faire
à sa maîtresse, était de lui donner un concert de flûtes. »
Son passage à Lyon lui aurait permis de se procurer chez
lé meilleur facteur un instrument, qu'il gardait aussi cher
que la vie, tant il le trouvait à son gré.
  Cette supposition est corroborée par ces vers de Baïf :

          Après tous ces propos j'apporte une musette
          Que Rafi Lyonnois à Marot avoit faite.
                              (LES JILUX. — Eglogue des Devis).


   Enfin, Rafi est encore cité dans un poème réédité au
tome XI du « Recueil de poésies françaises des xve et
xvte siècles » (par A. de Montaiglon, Paris, Janet, 1876),
intitulé -.Epislre de l'asne au coq par Français La Salin à
son ami Piem Boràtl (Paris, 15 37) :

                 Si vous avez couppé le doy...
                 La bonne fleuste de Raffi.


 (1) Hislohede ïinstrumentation. Paris, F. Didot, 1878, in-8°.