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                LETTRES DE L'ÉCOLE NORMALE                   259

 bonheur. Je vous écrirai probablement lundi par Butillon,
 et ensuite jeudi par Bonnel, qui a obtenu de partir quelques
 jours avant les vacances, et qui mettra ma lettre à la poste à
 Pont-de-Veyle. Embrassez-bien pour moi toute notre chère
famille. Je n'ai pas vu mon oncle de ces jours-ci, j'irai le
voir après-demain, et je ferai la commission de M. Amanieu
le plus tôt possible. Je le remercie de sa lettre, ainsi que
mon frère, que j'embrasse très tendrement. Mon oncle m'a
dit qu'il avait de l'argent à mon service, sans que je lui en
eusse démandé. Ainsi vous voyez, mes chers parents, que
si vous n'avez pas de l'argent comptant maintenant, vous
n'avez pas besoin de vous gêner. J'espère bien l'année pro-
chaine couvrir toutes ces dépenses, et au-delà. Priez-bien le
bon Dieu pour moi à ce moment de rudes épreuves. C'est
là ce qui assure le succès ; je l'ai éprouvé maintes fois.
Heureux ou malheureux, pourvu que vous m'aimiez tou-
jours, je ne plaindrai pas.

                                   Votre fils bien tendre.


    Mon père sera peut-être obligé d'aller chercher M. Bedel
à la campagne. Vous n'aurez pas besoin de cacheter ma
lettre. Si vous ne la trouvez pas bien, écrivez-moi de suite,
et brûlez-la, je vous en écrirai sur-le-champ une autre par
le même courrier. Si Ozanam est à Lyon, mon père pour-
rait aller la lui faire voir, et lui demander conseil en général.
Il faudra lui faire beaucoup d'amitiés de ma part, ce ne sera
que la très sincère expression de tout ce que je sens pour
lui.