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               LETTRES DE L'ÉCOLE NORMALE                61

    Je vois souvent Ozanam, qui réussit à merveille. Ce
 jeune homme fera bien de l'honneur à Lyon. Quant à ce
 compte rendu dont je vous ai parlé, je n'en ai fait qu'une
 partie, et il a été obligé d'y ajouter un très grand nombre
 d'idées que son émotion l'avait empêché de développer dans
 sa leçon.
    Vous me demandez si je fais aussi des leçons, parce que
 je vous ai dit qu'au sortir de l'une d'elles j'étais fatigué.
 Nous n'allons pas encore dans les collèges. Cette épreuve,
 qui n'est pas petite, ne commencera cette année qu'après
Pâques, au mois d'avril, mais nous préparons notre agré-
gation et nous en faisons d'avance les leçons, que nous
prononçons pour nous exercer devant le professeur. Il est
probable qu'à Pâques j'irai au Collège de Louis-h-Grand,
et ainsi j'aurai dans ma classe trois connaissances, de
Songeon, Domeck, et M. de Prandière le second. Ils suffiront
peut-être pour me faire un parti et pour retenir les émotions.
    Songeon va au collège, en rhétorique, parce qu'il a vu à
la fin que c'était le seul moyen de parvenir à l'Ecole. En
outre, il va travailler chez M. Rim, qui, à ma prière, a bien
voulu l'admettre. J'ai été heureux de lui rendre ce service,
dont il peut tirer de grands résultats. Il travaille ferme, et
c'est courageux de retourner au collège à 23 ans passés.
J'espère que le succès le récompensera.
    A propos, mes chers parents, depuis ma dernière lettre,
j'ai atteint mes 22 ans accomplis. — Voyez comme je me
fais vieux !
    Lundi matin, hier, je comptais revenir à l'Ecole pour
finir cette lettre, mais Ozanam m'écrivit pour me prier de*
passer chez lui, et j'y suis resté trop tard pour pouvoir
mettre cette lettre à la poste. Pardon encore de ce retard.

  (La fin de la lettre manque, le papier est déchiré).