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                     COMTE DES GUIDI.                 307

    A cette époque une sourde fermentation circulait dans
les veines de la jeunesse française et italienne.
    Comme les nuages présagent la tempête, le méconten-
tement général présageait de grandes catastrophes.
    Déjà, en 1773, une émeute avait éclaté à Palerme,
sous le règne de l'ambitieuse Caroline, cette ennemie
déclarée de la France, que le débonnaire et mineur Fer-
dinand IV, son époux, fut incapable de contenir.
    Deux partis, l'un franco-espagnol, l'autre anglo-au-
trichien se disputaient la cour de Naples.
    En France, le désordre et les abus, vieux restes de
l'anarchie féodale et tyrannique que remplaça le despo-
tisme du trône, avaient amoncelé l'électricité à l'horizon
politique.
    On sait que malgré les efforts et les concessions de
l'infortuné Louis XVI, la foudre ne tarda pas à éclater.
    Sébastien des Guidi comptait à peine sa vingtième an-
née, quand la grande révolution de 1789 vint boulever-
ser et changer la face de la France.
    Ce choc, dont la secousse ébranla l'Europe, alluma
surtout dans le cerveau de la population éclairée de
Naplescet amour d'indépendance qui ne s'est plus éteint
et dont l'exaltation fut d'autant plus grande que la com-
 pression avait été plus longue.
    La vive imagination du jeune Sébastien en ressentit
 naturellement les atteintes.
    Il rêva, comme ses frères, de la même liberté pour
 sa patrie.
    Les élans de la jeunesse sont ardents et généreux ; à
 vingt ans on voudrait pouvoir donner le bonheur à l'u-
 nivers.