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                            CHRONIQUE LOCALE.                                381
a fait connaître avec détail l'organisation et les privilèges de la corporation
des monnaycurs de Lyon, ses usages particuliers, sa juridiction, ses asso-
ciations avec les corporations semblables des villes voisines où il existait
des ateliers de monnaie. Elle tenait un rang élevé dans la cité, et se rap-
prochait même de la noblesse. M. Morin a analysé ses chartes inédites ou
peu connues qui renferment sur tous ces sujets de précieux détails, et dont
il a su faire un choix très-judicieux.
   Plusieurs questions importantes se rattachent à l'histoire monétaire de
Lyon, entre autres celle de savoir comment la souveraineté était partagée
entre les archevêques et les chanoines-comtes de la ville. M. Morin a mon-
tré que celte double souveraineté avait continué d'exister jusqu'au jour où
le droit de battre monnaie, ce privilège par excellence, avait été revendiqué
à titre exclusif par la couronne. Ce dernier fait a eu Heu précisément peu
de temps après l'administration de l'archevêque Charles d'Alençon, cousin
de Charles V, et dont M. Morin-Pons a particulièrement étudié les actes.
   Après avoir entendu cette communication dont le moindre intérêt était
de porter sur un genre d'étude nouveau jusqu'ici pour l'archéologie lyon-
naise, le Comité a voté à l'unanimité des membres présents l'adjonction
de M. Allmer et de M. de Bombourg, de Trévoux, celui-ci à titre de membre
correspondant.
   —Le jeudi, 11 mars, on a dressé sur son piédestal la statue du maréchal
Suchet, encore enveloppés de ses voiles et cachée aux yeux impatients. On
dit beaucoup de bien de ce monument consacré à une de nos gloires mili-
taires les plus nobles et les plus pures, et destiné à embellir un de nos plus
beaux quartiers.
   — Le lendemain 12, une fête brillante donnée au profit de l'OEuvrc des
petits filles des soldats, attirait l'élite delà société lyonnaise sous les voûtes
élégantes de l'Âlcazar. Ces murs, habitués aux éclats des plaisirs bruyants,
semblaient presque étonnés de voir une société gracieuse, mais digne, em-
pressée mais réservée el portant le cachet de la distinction et du bon goût.
Nous ne reviendrons pas soi' les détails de celte fête quia été aussi lucrative
que belle. Les artistes-militaires ; ont été fort applaudis ; mais, ce qu'on n'a
pu assez admirer, oulrc le talent des chanteurs, des exécutants, des acteurs
et l'éclat résultant des brillantes toilettes remplissant la salle magnifique-
ment éclairée, c'est l'ordre parfait qui n'a cessé de régner, l'empressement
des jeunes chevaliers de la fête, l'attention minutieuse des organisateurs
qui n'ont rien abandonné au hasard, et l'entente parfaite de tous les services
qui a laissé toute cette immense foule contente et satisfaite.
   —Le concert dcM. Pontet a tenu tout ce qu'on s'en promettait; cet habile
artiste qui a si profondément modifié nos mœurs musicales à Lyon, a vu
combien nos compatriotes lui savaient gré de ses efforts. Une foule d'équi-
pages stationnant sur le quai Saint-Antoine avait amené, dans la vaste
salle des Antonins, une société qui se trouvait trop à l'étroit. Si les mor-
ceaux joués par le bénéficiaire ont été plus particulièrement applaudis, l'ad-
miration pour ce talent magistral n'était par le seul mobile des amateurs,
la reconnaissance y avait sa part. M es de Joly et Rey-Balla, MM. Warnots
et Cazaux ont eu aussi leurs bravos et c'était justice ; là encore plusieurs
sentiments conduisaient les mains ; on savait gré à ces éminents artistes
de leur aimable concours comme de leur talent.
   —Le 20, au Grand-Théâtre , la foule qui s'était rendue à l'invitation dp
M. Sain-d'Arod, écoutait avec un vif intérêt le concert historique et reli-
gieux que le maître donnait à son bénéfice el dont il avait choisi les çlc-