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162                      CORRESPONDANCE.
ce tort comme une exeuse de l'assassinat) de ne pas ouvrir son
château aux municipalités qui avaient le droit légal de le visiter.
Il y eut un véritable combat à la suite duquel les portes du châ-
teau furent forcées , et M. Guillin poursuivi de chambre en
chambre, fut pris et massacré entre les bras des officiers muni-
cipaux qui firent tout ce qui était humainement possible pour le
défendre. La circonstance de l'orgie canibalienne n'est rien moins
que justifiée, el en la mentionnant comme un bruit, j'ai dit :
« Le fait n'a pas besoin que l'imagination y ajoute d'incroyables
« accessoires ; il est bien assez affreux tel qu'il est. » Mais
M. Péricaud ne me pardonne pas de ce que j'ai justifié la popu-
lation lyonnaise et même les clubs lyonnais d'avoir été les insti-
gateurs et les complices des assassins. Je me suis cependant
appuyé sur les documents authentiques. Les clubs qui s'appel-
laient alors les Sociétés des amis de la Constitution se piquaient
d'un grand amour de l'ordre. Dans l'agitation rurale qui avait
produit la scène de Poleymieux, ils s'offrirent et furent acceptes
parles autorités lyonnaises pour aller prêcher dans les campagnes
l'esprit de paix et de patriostisme. Lorsque leurs députés arrivè-
 rent sur le théâtre de l'affreuse scène, elle était déjà consommée,
 et ce fut sur leur rapport que des louanges publiques furent
 données au Maire et à un officier municipal de Saint-Germain au
 Mont-D'or, qui s'étaient exposés aux dangers les plus imminents
pour prévenir les excès : Ce ne fut qu'en mars 1793, sous le
 proconsulat de Bazire, Rovère et Legendre, que les Jacobins fu-
 rent intronisés à Lyon.
    Du fait que Roland et Chalier furent nommés ensemble no-
tables dans la première municipalité et officiers municipaux dans
la seconde, M. Péricaud induit une sorte de solidarité entre ces
deux noms. Je lui en laisse la responsabilité. Je n'ai pas a proté-
ger contre cet adversaire l'illustre chef de la Gironde.
    Quant à Chalier , j'ai fait remarquer que ce nom n'avait pas
en 1790, la signification qu'il a acquise depuis. Ce fut seulement
 après le 10 aoûtl792que cette tête exaltée, mais faible, tombaen
délire. Alors Chalier devint l'ennemi acharné des Rolandms. Sa
 nomination aux fonctions du tribunal de district est aussi posté-
 rieure de deux années à l'époque dont parle M. Péricaud. Enhn,
ce fut seulement en 1792 , après la déclaration de la patrie en
 danger, que des commissions de surveillance furent instituées
 par la loi dans les municipalités.
    M. Péricaud fait encore une confusion de dates lorsqu il place
 la grande solennité de la Fédération lyonnaise au 14 juillet 17 JO.
 Cette fête avait eu lieu le 30 mai et elle était la suite du mouve-
 ment commencé depuis plusieurs mois dans les provinces,
 comme une manifestation d'adhésion aux actes de l'Assemblée
 constituante. M. Imbert-Colomès avait empêché que la ville de
 Lyon n'y prît part. Mais après la retraite de ce magistrat, Lyon
 répondit à l'invitation que Grenoble lui avait adressée pour e n -