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890                MONOGRAPHIE HISTORIQUE

convenu qu'il ouvrirait ses portes, s'il n'était pas secouru dans
les dix jours après l'avis de la capitulation. Le dauphin reçoit
cet avis, étant en marche avec son armée ; il arrive au com-
mencement de février à Saint-Jean-le-Vieux. La réunion si
prompte de cette armée, dans une saison rigoureuse, et son
arrivée inattendue surprennent les Savoisiens sans les décon-
certer ; ils se forment en ordre de bataille sur une grande
ligne. Les bannières déployées sont le signal du combat. Les
deux armées s'étant rapprochées, les chefs prennent leurs dis-
positions.
   Le dauphin place devant lui, au centre et en tête, le grand
chanoine et le comte d'Avelin ; aux ailes, le comte de Gene-
vois et le seigneur d'Ànthon. Le comte de Valentinois com-
mande l'arrière-garde. Les seigneurs de Tournon et de Sasse-
nage doivent, suivant les chances de la bataille, se porter
partout où il faudra du secours.
   Le comte Edouard fait à-peu-près les mêmes dispositions :
son aile droite s'étendait dans la plaine ; sa gauche , du côté
de Varey, ayant derrière elle un corps de réserve pour obser-
ver et contenir la garnison de cette place.
   Lorsque les arbalétriers ont fait pleuvoir leurs traits, les
avant-gardes étant aux prises, un gendarme d'une stature
gigantesque , monté sur un cheval de taille aussi colossale ,
sort des rangs savoisiens et se porte en léte des combattants.
Son courage semblait surpasser sa force. Une masse d'armes
en cuivre d'un poids énorme pendait à l'arçon de sa selle et
sa main était armée d'une épée démesurée. Suivi des plus dé-
terminés, il frappe comme la foudre les premiers rangs et y
répand l'effroi et la confusion. Le grand chanoine et le comte
d'Avelin, revenus de leur surprise, attaquent de concert le
géant redoutable. Le grand chanoine n'avait pour arme offen-
sive qu'une barre de fer, dont tous les coups étaient mortels ;
pendant que le comte, plus agile, occupe le Brabançon, le