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DU BUGEY. 391 ehanoine frappe son cheval à la lêle et l'abat. Assailli en même temps par le dauphin, accouru avec le comte de Baux pour soutenir son avant-garde , le géant démonté est tué à coups d'épée. Le succès de ce combat exaile le courage des Dauphinois. Le comte de Genevois el Hugues d'Anlhon se précipitent sur les ailes de l'armée savoisienne, les rompenl et en fout un grand carnage. Le soleil éclairait celle sanglante journée. Les historiens de Savoie allèguent qu'il dardait ses rayons, repercutés par les armes , dans les yeux des Savoi- siens et que leur défaite doit être imputée en grande pa/tie à cet éblouissement. Le comte d'Auxerre, Guichard, sire de Beaujeu, Robert, fils du duc de Bourgogne, sont fails prison- niers .avec la plupart de ceux qui survivent à celte défaite. Les Savoisiens tués ou blessés jonchent le champ de bataille ; le nombre en fut si grand, que le comle ne put, par la suite , réparer celte perle. Edouard lui-môme est, un moment, au pouvoir de son ennemi. Auberjon de Mailles, gentilhomme du Grésivaudan , s'attache à sa poursuite, le presse et le con- traint de lui remettre son épée. Tournon accourt et se joint à . d'Auberjon pour s'assurer de celle belle proie. Comme ils emmenaient Edouard, Humbert de Bocsozei, blessé, voyant le prince captif, ordonne à son fils de le délivrer. Celui-ci el le seigneur d'Entremonls prennent leur moment et fondent sur les ravisseurs, lorsque l'un d'eux, derrière un buisson , est occupé à détacher le casque du comte ; ils le délivrent ; et, le remettant à cheval, l'escortent jusqu'au châleau du Ponl- d'Ain, où il se réfugie. On raconte que Tournon, voyant à portée le baron de Sassenage, réclama son secours contre les libérateurs d'Edouard et que ce baron fit la sourde-oreille , par un sentiment de reconnaissance, le comte lui ayant ren- du, à Paris, quelques bons offices auprès du roi de France. Edouard recueille les faibles débris de celle désastreuse défaite et se relire en Savoie pour mettre celle province en