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300 LOUIS-PHILIPPE D'ORLÉANS. celles du roi et du duc de Nemours, un noyau d'opposition politique commença à se former autour d'elle. Quelques nota- bilités du parlement et de l'armée passèrent pour mettre à sa disposition leurs services, leurs inspirations et leurs conseils , et Ton citait entr'autresle général Pajol, objet d'une récente disgrâce, M. de Lamartine, que quelques mécontentements personnels avaient violemment séparé du parti conservateur, et M. Thiers lui-môme, devenu l'ennemi direct et presque déclaré du roi, depuis son expulsion du ministère. Ainsi, la division s'était introduite avec la mort au sein de la famille royale, et l'impopularité fâcheuse du prince que quelques années seulement semblaient séparer de la régence, n'était guère de nature à en conjurer les effets. La catastrophe du 13 juillet avait frappé au cœur la dynastie de 1830. La session des Chambres, qui se rouvrit au mois de janvier 1843, rendit une certaine agitation aux esprits. Le ministère éprouva quelques échecs peu importants. La Chambre des députés se prononça pour une protection plus marquée en faveur des chrétiens du Liban, et renouvela ses représenta- tions contre l'abus du droit de visite. Une enquête parlemen- taire, ordonnée sur les instances pressantes de l'opposition , amena l'annulation de deux élections entachées des fraudes les plus condamnables. Mais le ministère réussit à faire écarter toutes les propositions de réforme électorale et parlementaire, et M. Barrot lui-môme qnalifia ces tentatives de révolution- naires. Ce député, spirituellement surnommé le ministre de Vopposition, à raison de ses intelligences supposées avec le parti de la Cour, entreprit de faire restituer au jury les procès en diffamation , qu'une jurisprudence récente , inau- gurée sous les auspices de M. Bourdeau, tendait à lui sous- traire ; mais ses efforts n'aboutirent point. Le gouvernement personnel, plus puissant que jamais, avait profilé avec une