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                              DU BUGEY.                               189

   Pour que l'indépendance des évêques de Belley, vis-à-vis
les comtes de Savoie, ne fût pas l'objet d'un doute, Jacques
deSaint-André, élu évêque en 1312, rachète, l'année suivante,
d'Aymon, comte de Savoie, le droit de régale, en vertu du-
quel ce prince prétendait à l'administration, à la garde et aux
revenus de la seigneurie épiscopale, en temps de vacance.
Ce droit, d'un faible avantage pour les comtes de Savoie, n'é-
tait profitable qu'aux officiers chargés de l'administration
provisoire ; il fut délaissé pour cent dix livres de Tours, en
gros deniers d'argent, à l'O rond, lequel valait huit deniers
tournois, comme il résulte d'un litre de 1325, rapporté par
feu M. de La Teyssonnière.
   Sous l'épiscopat de Nicolas de Bigues, la ville de Belley
fut presque toute détruite par un incendie, dont on ignore
les circonstances, et qui fut, dans le temps, attribué à la mal-
veillance, comme en faisait foi celte inscription lapidaire,
placée à l'angle de la maison d'un particulier (1) :

          L'AN MCCCLXXXV ET LE XV DD MEY D'OU

          TANTOT APRE LA SAN BARTOLOMÉOU

          DORMAN PIDIA, VEILLAN ÉNÉQUITA

          DE BELLAY FD ARSA LA CITA.

   C'est-à-dire : le 15 du mois d'août 1385, le jour qui suit la
fête de Saint-Barthélémy, lorsque les honnêtes gens étaient
plongés dans le sommeil, la malveillance livra aux flammes
la ville de Belley.
   Lompnes, Cordon, Rochefort et Pierre-Châtel étaient des
fiefs du domaine privé des comtes de Savoie, administrés par
un seul gouverneur appelé bailli du Bugey , bien que la

   (1) La pierre qui portait cette inscription a été employée dans la re-
construction d'une partie de la cathédrale , en 1766. Chroniques sur le dé-
partement de l'.iin , page 30.