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190 MONOGRAPHIE HISTORIQUE plus grande partie de cette province ne fut pas sous leur autorité. Guichenon rapporte que le château de Lompnes a été occupé par les comtes de Savoie jusqu'au milieu du XVe siècle ; que le duc Louis l'inféoda à Louis de Bonnivard, pour prix de ses services. Avant cette libéralité, la famille de Bon- nivard résidait à Seyssel. L'illustre prisonnier de Chillon, François de Bonnivard, était fils du premier seigneur de Lom- pnes. Né à Seyssel en 1496, il fut pourvu, fort jeune, du ri- che prieuré de Saint-Victor, à Genève, qu'un de ses oncles lui avait resigné. L'élévation de son esprit, son érudition, son dévouement à l'affranchissement de Genève, sa patrie adop- tive, les persécutions auxquelles fut en butte ce généreux par- tisan de la liberté civile et religieuse, les beaux vers surtout de lord Byron ont immortalisé sa mémoire et jeté un grand éclat sur cette famille du Bugey. Les Bonnivard possédèrent Lompnes jusqu'en 1592, épo- que où celte famille fut éteinte ; ils portaient d'or à une croix de sable, chargée de cinq coquilles d'argent. Le château de Lompnes, construit par Urbain de Bonni- vard, évoque de Verceil, s'élevait sur un mamelon, au sein des hautes montagnes du Bugey. Celte seigneurie, érigée en vi- comte, fut acquise, en 1655, de Bernard de Moncossul, sei- gneur de Baleur, par Guillaume-Philibert d'Angeville, sei- gneur de Culoz et de Monlvéran ; elle était séparée du ter- ritoire abbatial de Saint-Sulpice, par la croix de Saint-Maurice, et s'étendait du côté de Brenod, jusqu'au fief de Montaigu. Sous Amédée V, le prieur de Nantua, possesseur de ce fief de Montaigu, ayant relevé les fortifications du château, le comte, offusqué de cette restauration sur la limite de ses terres, en requit la démolition. 11 fut prononcé par le comte de Genevois et le sire deThoire, arbitres de cet affaire, que la citadelle serait démolie, sans pouvoir jamais être reconstruite.