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DU BUGEY. 175
En 1270 , Humbert I I I , sire de Thoire , recouvre dans
Nantua le droit de garde dont s'étaient affranchi les prieurs
Boniface et Philippe , princes de la maison de Savoie. Nous
avons vu Etienne I I , son père , perdre cette gardienneté Ã
la suite de ses démêlés avec le prieur Boniface , et sa veuve
Béatrix de Faucigny , après avoir pris les armes pour se
soustraire à la sentence arbitrale de 1248 , être contrainte Ã
s'y soumettre par les vigoureuses représailles des habitants
de Nantua. Vingt-deux ans après , Humbert III réduit
* le prieur Jean , abbé de Saini-Seine, successeur de Philippe,
à conclure un fraité par lequel, non-seulement la ville et le
château rentrent sous sa protection , mais encore tous les
fiefs du prieuré, depuis la rivière d'Ain jusqu'à la seigneurie
de Châtillon-de-Michaille , y compris le château de Saint-
Germain-de-Joux, à la condition expresse d'en reconnaître
l'abbé de Cluny comme seigneur suzerain. Pour ce droit de
garde est accordée au sire de Thoire une somme annuelle de
cent sous genevois, concernant le château de Nantua , de
quinze livres genevoises pour la. ville et le prieuré , notam-
ment pour les villages de Charix , d'Echallon et de Cônda-
mine , le tout payable le jour de la fête de saint Hilaire , 5
mai. Le droit de garde dans Brénod et Saint-Marlin-du-
Frêne continue d'appartenir au sire de Thoire comme précé-
demment ; il est formellement énoncé.dans celte transaction
que la juridiction de tous les fiefs du prieuré est au prieur,
investi de la haute , moyenne et basse justice, merum et
mixtum imperium , et que le Mollard du Port, si souvent un
sujet de contestation , sera un terrain neutre sur lequel ne
pourront être élevées ni fortifications, ni fourches patibu-
laires. Cet important traité prouve que les abbés de Cluny
n'ont jamais perdu leur droit de souveraineté dans Nantua (1).
(1) Bibliotheca sebusiana , caput C centuriœ II.