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268 LA VERRERIE DE ROANNE X A Roanne, le 20 Mars 1745. Monseigneur, Je me crois obligé de vous représenter que la conduite du sr Girando ou de ses commis n'est pas compréhensible, il y apparance qu'il veut détruire toutes les entreprises et professions de cette élection par sa négligence ou sa mau- vaise volonté à fournir les charbons de pierre ainsi qu'il y est obbligé; le sr de Voulgi qui avoit établi des fours à chaud sur des conventions qu'il avoit fait avec lui pour lui fournir les charbons nécessaires à leur entretien, a le chagrin de voir éteindre ses fours depuis un tems infini faute par le sr Girando de remplir son engagement, la compagnie des verriers, qui pour son établissement a fait des dépenses excessives, voit pareillement, depuis près de trois mois, ses fours éteints par le défaut de cette matière, ce qui met ces jeunes gens dans la plus fâcheuse extrémité; et, avant-hier, les maréchaux et serruriers vinrent en communauté se plaindre qu'ayant demandé du charbon au commis du sr Girando il leur avoit répondu qu'il n'en avoit point mais qu'il leur en ferait venir à 26 livres la voye, et, cependant, ces misérables ont été obligés pour la plus part de cesser leur travail, et si ce dérangement continue, non seulement ils ne pourront payer leur imposition, mais ils mourront de faim, ils sont pressés d'ailleurs pour fournir les ouvrages qui leur ont été commandés, ce qu'ils ne peuvent faire, et jammais cette ville n'a été dans une pareille situation depuis que je la connois. Vous voyés, Monseigneur, combien l'intérêt public