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                 CHRONIQUE D'AOUT I9OO                    239

suivants, avec des poissons de mer, des chaudrons dont
l'exactitude, le brio et l'éclat, le désignèrent bientôt comme
un maître du genre. Il était chevalier de la Légion d'hon-
neur en 1870, officier en 1878, période la plus brillante de
sa carrière. A cette époque, le monde des Arts rendit univer-
sellement hommage à sa maîtrise consommée. Il donna en
1876 la Femme de pêcheur du Follet, qui eut le plus reten-
tissant succès. Le morceau, traité dans une harmonie de
noirs et de blancs, avec des effets vigoureux, était d'une
largeur, d'une puissance et d'une fougue qui rappelaient la
meilleure manière de Courbet.
   Entre temps, Vollon, qui aimait la nature, et qui se
cloîtrait tous les étés, aux environs du Tréport, dans une       »
ferme, s'exerçait au paysage; il laisse dans ce genre des
morceaux considérables.
   En résumé, Vollon fut, dans toute l'acception du mot,
un beau peintre, servi par un instinct merveilleux, emporté
par l'élan fiévreux de sa nature, et favorisé par un bonheur
sans nuage. Il était, depuis trois ans, membre de l'Académie
des Beaux-Arts. Il laisse un fils, Alexis Vollon, peintre
aussi, déjà plusieurs fois médaillé.
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   Vollon était lyonnais comme Puvis de Chavannes,
comme Meissonier. Comme eux, il était rarement revenu
dans sa ville natale. Meissonier, né à Lyon, en 1813,
d'une famille originaire de Saint-Gervais d'Auvergne, était
parent de Bignon, le propriétaire bien connu du café Riche,
à Paris, et n'avait guère entretenu de relations avec ses
compatriotes. Puvis de Chavannes a laissé, comme on le
sait, de précieux souvenirs à nos Musées. Il avait écrit son
testament au mois de septembre; il le refit le 1" décembre