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LE LAC DE PALADRU 865
donnent des récoltes abondantes. La vigne, rare autrefois,
commence à prospérer sur les versants bien exposés ; les
noyers, les châtaigniers, les arbres fruitiers, les pommiers
surtout, y sont d'une belle venue. Les villageois élèvent des
bestiaux en grand nombre ; les jeunes poulains, spécialement,
sont très-recherchés ; la volaille abondante et de bonne qua-
lité. Par sa fertilité, la vallée de Yirieu, entre autres, a
mérité le titre, peut-être trop pompeux, de Petit-Graisi-
vaudan.
A côté de ces richesses agricoles, le pays voit encore s'ac-
croître sa prospérité, par l'industrie qui tend de jour en jour
à y prendre un plus vaste développement ; le tissage de la
soie, pour le compte de fabricants lyonnais, y fait circuler
les capitaux, et, par suite, y amène l'aisance et le bien-être.
Les routes y sont nombreuses et bien entretenues ; les mai-
sons voient disparaître leurs toits de chaume et leur aspect
misérable. Beaucoup môme sont devenues coquettes avec
leur crépi bien blanc, leur couverture rouge, leurs persiennes
vertes et les petits jardins fleuris qui accompagnent la plu-
part d'entre elles.
La population y est robuste, laborieuse, probe, intelli-
gente, religieuse, — ce qui ne gâte rien par le temps qui
court, — polie sans obséquiosité, fière sans arrogance ; c'est
le type dauphinois dans sa traditionnelle acception, le reflet
du caractère des anciens Allobroges, nos valeureux ancêtres.
Nous ne saurions mieux terminer cette modeste étude,
qu'en reproduisant les lignes suivantes sorties de la plume
enthousiaste et patriote d'un de nos écrivains les plus aimés.
Nous avons nommé Barginet, de Grenoble, le Walter Scott
de notre belle et très-chère province.
s Quand les cordes sonores de la harpe ont cessé de vibrer
sous les doigts agiles d'une jeune beauté, on écoute encore
dans le ravissement délicieux l'harmonie qui nous a charmés;
ainsi maintenant, ces vieux souvenirs remplissent mon ima-
gination.
« Je m'assieds en murmurant d'anciennes légendes sur les
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