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DU BUGEY. 403
les Dauphinois réciproquement. La contagion deces hostilités se
communiqua au Bugey. Les sujets du comte de Savoie entrent
dans les terres du dauphin pour les ravager, mais le bailli de la
Tour-du-PinetleschâtelainsdeSaint-Sorlin,deLhuisetdeSaint-
Denis, ayant repoussé avec vigueur ces bandes armées, entrent
chez leurs voisins et se livrent à des actes de représailles.
Les hostilités deviennent bientôt générales. Les princes, en-
traînés par leurs sujets, se disposaient à lever des troupes et
à continuer cette guerre, lorsque le comte de Genevois et
Louis de Savoie, baron de Vaud, tuteurs du comte, disposent
Louis de Villars archevêque de Lyon , lieutenant général du
Dauphiné à un accommodement. Des conférences furent ou-
vertes à cet effet à Saint-Germain d'Ambérieu, à Am-
bronay et à Douvres ; on les continua à Château-Gaillard où
furent réglées quelques affaires du Bas-Bugey, les autres diffé-
rents concernant cette province furent terminés dans le Gré-
sivaudan, théâtre des premiers troubles.
Un an après l'avènement du dauphin François, une pertur-
bation d'une autre nature affecte cette même région du Bugey.
Philippe de Briord, (1), dans la seigneurie de Briord dont son
père avait été dépossédé par le dauphin, avait deux enne-
mis puissants, les frères Bérard, Jean et Philippe, ce dernier
homme de mérite et que sa valeur avait élevé au grade de
chevalier. Le seigneur de Briord, en l'absence du dauphin,
appelé au secours du roi son père, lève une troupe armée
dans la Savoie, entre dans le Bugey et y commet des vio-
(1) En 1287, le dauphin s'était emparé du château de Briord au préjudice
d'Albert et de .ïoffrey de Briord , ils implorèrent la protection d'Amédée V.
Le dernier jour de février, fut conclue une convention par laquelle le dau-
phin s'engagea de restituer cette seigneurie aux frères de Briord, et remit
pour gage le château de Saint-Jean-de-Bornay en Dauphiné. Toutefois, cette
restitution fut éludée et Briord fut joint aux possessions du dauphin dans le
Bas-Bugey. Guichenon, page 95,