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DU BUGEY. 38h ont leurs quartiers du côté de Saint-Ramberl ; le comiè Amédée et son fils tiennent les hauteurs entre la montagne et le château. « Estant en cette manière tous les seigneurs campas, fut ja batterie commencée avec force engins de jet et autres ins- truments à ruer murailles par terre, pour faire bresché, qui ne cessoient jour et nuict de tirer. Mais le dauphin , ayant continuellement espions en la maison du comte de Savoye, avoit été, longtemps avant celte venue, adverli de l'entreprise et y avoit pourvu de tel nombre de gens de bien, de tant de vivres, de tant d'engins à offenser son ennemi, que tous ces seigneurs perdoient temps et sembloient mieux qu'ils fussent assiégés que ceux de la ville (1). » Réduits par de vigoureuses sorties à se renfermer dans leurs retranchements, les princes tiennent conseil el sont d'avis que s'opiniâlrer à ce siège , c'est s'exposer à des lon- gueurs humiliantes, désastreuses même, et que, puisque la place ne peut être prise de force, il faut user de ruse. Sans mettre leurs gens dans le secret du stratagème, ils feignent de lever le siège et annoncent le dessein de réparer cet échec par la prise de Lagnieu , ville moins fortifiée. Le lendemain, à l'aube du jour, les trompettes sonnent la re- traite ; les lentes sont pliées ; l'armée, réunie sur les bords de l'Albarinc, suit celle rivière et marche sur Lagnieu par Saint- Denis , en tournant le coteau qui s'étend jusqu'à cette lo- calité, Trompés par celte feinte retraite > ceux de Saint-Germain sortent en grand nombre pour secourir Lagnieu , dont la garnison est incapable de résister aux forces du comte de Savoie ; el, afin d'arriver avant l'armée ennemie, ils traversent directement la montagne par des sentiers couverts qui abou^ (1) Paradiu, (>iige 245. 25