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314                 LO01S-PHILIPPE u'ORLÉANS.

puis quelques années avait repris en France une existence
 régulière, et dont la présence ne cessait d'exciter les clameurs
de la presse et de la tribune. Celte mesure fut prise par le
général de l'Ordre, sur les longues (1) et instantes réclama-
tions de M. Rossi, que le cabinet français avait envoyé à
Rome à cet effet. L'opposition prétendit que cette concession
avait été achetée par la clôture des cours de MM. Michelet
et Quinet, dont les prédications anti-catholiques avaient jus-
tement alarmé les susceptibilités du clergé. Quoiqu'il en soit,
la suspension du droit de visite et la dispersion des Jésuites
tarirent deux des principales sources du mécontentement pu-
blic, rendirent quelque popularité au gouvernement de Louis-
Philippe, et ne furent pas sans influence sur le sort des élec-
tions de 1846, les dernières qui devaient s'accomplir sous la
monarchie de juillet.

   En unissant, sur la fin de 1844, son quatrième fils, le duc
d'Àumale, ce riche héritier des Condé, a Marie-Caroline de
Salerne, fille de son beau-frère, princesse dépourvue de for-
tune personnelle, mais nièce, par sa mère, de l'impératrice
d'Autriche, Louis-Philippe avait sacrifié au désir de rappro-
cher sa dynastie d'une des plus haules familles souveraines
de l'Europe. Il lui restait à pourvoir le duc de Monlpensier,
le dernier de ses fils, auquel sa pensée intime destinait de-
puis longtemps l'infante Luisa, sœur de la reine Isabelle
d'Espagne. Ce fut dans une courte et dernière entrevue qu'il
eut avec la reine Victoria au château d'Eu (8 septembre 1845),
que Louis-Philippe agila sérieusement l'idée de cette union (2),
qui passa pour le chef-d'œuvre de sa politique, à laquelle elle
devait porter le coup le plus funeste. L'entente cordiale était

  (i) Letlre de M. Guizot à Louis-Philippe, i 3 aoùl i845.
  (a) Letlre de Louis-Philippe à la reine des Belges, 14 sept. 1846.