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148              LOUIS-PHILIPPE D'ORLÉANS.

Russie, achevèrent de sanctionner le manifeste de M. Périer.
Ce ministre jugea convenable de constater la popularité du
roi ou d'y ajouter par un voyage dans les contrées les plus
florissantes de la France. Louis-Philippe consacra une par-
tie des mois de mai et de juin à parcourir les départements
de la Normandie et ceux de la Lorraine, et reçut partout le
même accueil que Charles X avait rencontré en Alsace quel-
ques mois avant son renversement. Les journaux ministériels
firent valoir cei empressemeut comme "une approbation non
équivoque du système politique inauguré par le cabinet du
13 mars. Les partis hostiles, par une allusion assez piquante
à l'ancienne profession du premier ministre, dirent que Louis-
Philippe s'était fait en cette circonstance le commis-voyageur de
la maison Périer. Cependant ce bon accueil fut troublé par
une allocution presque sévère du conseil municipal de Metz
contre l'hérédité de la pairie, el la garde nationale ayant voulu
exprimer la même opinion, le roi interrompit l'orateur avec
vivacité, cl lui arracha son discours.
    La dissolution de la Chambre, que M. Périer fit suivre
d'une circulaire énergique au sujet des élections, amena une
 majorité dévouée aux intérêts de la révolution, mais sans vues
fixes et arrêtées. Le discours de la couronne se distingua par
une certaine fermeté de langage qui signalait l'influence du
 chef du conseil; mais on remarqua avec surprise que le m i -
 nistre vérifiait audacieusement l'exactitude du débit royal sur
 une copie de ce document ; circonstance qui caractérisait
 assez ses rapports avec le monarque dont il avait accceplé
 bien plus que salué l'élévation.
   En réalité, M. Périer vendait cher ses services au roi dont
sa fermeté consolidait la puissance. Ce n'étaient plus le dé-
vouement aifectueux, les rapports bienveillants de M. Laffitle,
et l'obligation où Louis-Philippe s'était trouvé de se séparer
de son ancien ami, pesait sur lui d'autant plus vivement qu'il