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                              BIBLIOGRAPHIE                             459
interrompu que pendant les sombres jours de la Révolution; mais les
signatures du Concordat échangées et la réouverture du sanctuaire
accomplie par Pie VII, les manifestations de la confiance populaire
reprirent avec plus d'unanimité ; elles dépassèrent ce qu'on avait vu
auparavant de plus étonnant et de plus généreux. Fourvière fut la
dévotion lyonnaise du xix e siècle.
   Nous n'ajouterons que peu de lignes à propos du registre, connu sous
le nom de Barbet, que l'auteur a dépouillé et transcrit. Ceux qu'il
intéresse désireront le lire en entier ; une analyse ne saurait les conten-
ter. Nous rappellerons brièvement que six chartes le remplissent : la
première est de 1192 ; les cinq autres du XIIIe siècle s'étendent de 1265
à 1296. Leur objet est très divers : on y détermine le mode de distribu-
tion des revenus et du partage des terres, le nombre des prébendes, le
droit de nomination à la chantrerie et aux canonicats, l'ordre des offices
et l'importance du luminaire, les charges du curé-sacristain, les privilèges
du prévôt, le loyer de chacune des maisons affectées aux résidents.
C'est, en résumé et selon le fond des délibérations en cours, un tableau
des usages principaux de la collégiale et de ses règlements intérieurs.
   Désireux de mieux les éclaircir, l'auteur les a supplémentés par qua-
rante pages environ d'extraits inédits pris aux actes capitulaires, espacé-;
dans les années 1393 à 1541. Collations de chapelles, réparations impo-
sées à Jean Amyot, sacristain, installation de Barthélémy de Saigne, curé
de Saint-Didier-sur-Rochefort, en qualité de prébendier de l'autel de saint
Pierre, legs d'une Bible manuscrite en trois tomes, fondations d'anniver-
saires, commissions de messes sabbatines, livraisons de pain et de vin
pour la Visitation, établissement des fêtes de sainte Anne et de saint
Joseph, par Geoffroy de Pompadour, évêque du Puy, ancien prévôt,
permis d'inhumation dans le chœur, ordre de dresser l'inventaire du
trésor, des ornements et des vases sacrés, tels sont les principaux inci-
dents qui passent sous nos yeux. Chacun a son intérêt ; leur groupe-
ment donne à penser que la monographie de Fourvière, même après le
travail du Père Cahour, de beaucoup le plus consciencieux, reste à com-
poser. Il nous semble que l'écrivain en est désigné d'avance : M. E. L.
ne se dérobera pas à la tâche, ni aux vœux de ses premiers lecteurs.
Lorsqu'on a taillé avec un art si sérieux et posé avec tant de solidité la
pierre fondamentale, la sagesse conseille de continuer le monument et,
dans le cas présent, la prudence assure que l'ouvrier a toute la capacité

nécessaire pour le conduire jusqu'à son couronnement.
                                                             J.-B.   VANEL.