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MOLIERE A LYON 339 rapproche du tempérament lyonnais. Achever est le moindre de nos soucis : pour n'en citer qu'un exemple dans l'ordre littéraire, les œuvres de Pierre Dupont, d'un esprit en tout si différent, prêtent, sur ce point spécial, au même reproche que celles de Molière. Si au fond nous passons à la forme, nous avons peut- être quelque chose à réclamer. La critique a, depuis long- temps, constaté que les toutes premières œuvres de Molière diffèrent des suivantes par la langue : on y trouve la saveur du français parlé sous Louis XIII. Il peut y avoir dans cette sorte d'archaïsme une tradition littéraire, mais le milieu où se sont produites ces œuvres de début n'aurait-il pas eu sa part d'influence ? Le langage lyonnais est encore aujour- d'hui coutumier de mots et de tours de phrase qui ont dis- paru de la langue courante. Certes, il n'y a point à tirer une conclusion absolue de ces affinités, mais elles étaient au moins à signaler. Ce qui demeure hors de conteste, c'est que Lyon a vu éclore la première œuvre littéraire de Molière, qu'il a su l'apprécier et qu'il a décerné à l'auteur sa première couronne. Si l'on a pu l'oublier, nous avons le droit de nous en souvenir. Nous nous sommes rencontrés quelques-uns pour nous demander s'il ne conviendrait pas de perpétuer la mémoire de cet immortel début. L'auteur de cette notice, avait plu- sieurs fois déjà émis le vœu qu'une plaque commémora- tivefût apposée dans le voisinage de l'ancien jeu de paume. Mais d'autres réclament davantage. De prochains tra- vaux vont achever la transformation du vieux quartier Saint-Paul. Ne serait-il pas possible, dans les aménage- ments projetés, de réserver un coin où les Lyonnais élève- raient un buste au directeur de l'Illustre Théâtre, à l'auteur de l'Etourdi ?