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68 NOTES ET SOUVENIRS
enfants, munis de lanternes, fuient dans la vase jusqu'aux
genoux.
Les récoltes sont anéanties et dans beaucoup d'endroits
le terrain défoncé, entraîné, ne présente plus qu'un roc
dénudé. C'est un incalculable désastre.
Il y a un siècle et demi environ, semblable orage, mé-
langé de grêle, avait dévasté à peu près les mêmes régions.
C'est de Givors, que nous vient un curieux document
qui relate le désastre. Les habitants dont les récoltes avaient
été anéanties par la grêle et les terres défoncées par une
trombe, firent dresser par devant notaire et témoins, un
procès-verbal de cette catastrophe. Il est probable que cette
pièce devait servir de base à une demande d'exemption
d'impôts. Ce document ayant un regain d'actualité nous
le croyons propre à intéresser nos lecteurs.
L. G.
Château de Terrelasse, 8 juin 7900.
Procès verbal concernant la gresk tombée à Givors le
14e aoust 1J45
C E JOURD'HUI vingtième d'aoust mil sept cent quarante cinq, par
devant nous, Jean Baptiste Noël L E COURT, notaire royal, résidant Ã
St Andéol le Châtel, sont comparus Ennemond SEYNE, Claude BRA-
CHET, Philippe TERRAS, Claude DREVET, Maurice PILVAL, Laurent
DONGIN et Denis BRACHET, tous consuls, pacteurs et collecteurs des
tailles de la paroisse de Givors l'année présente, Lesquels nous ont dit
que la gresle qui tomba dans l'étendue de ladite paroisse de Bans et
Givors le quatorzième du présent, les met dans la dure nécessité d'en
faire dresser promptement un procès verbal, puisque cette gresle suivie
d'un fardeau d'eau a ravagé la plus grande partie de leur paroisse, soit
par la gresle, par les ravines qu'elle a fait dans leurs fonds, soit enfin
par l'impétuosité de trois ruisseaux ou torrents qui aboutissent dans le
lieu de Givors qui a failli à être submergé par ces ruisseaux puisque
leurs caves et maisons sont encore pleines de.ces eaux ; C'est pourquoi ils