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                             BIBLIOGRAPHIE                           145



HISTOIRE DE MÉLAN, 1 partie, Monastère des Moniales chartreuses,
                    â„¢
             Montrcuil-sur-Mer, 1898. In-8°, 518 p. et grav.


   L'ordre des Chartreux tient à reprendre dans le monde des études
historiques la place que lui ont méritée les très nombreux et très impor-
tants couvents qui ont, autrefois, abrité ces religieux. L'ordre encourage
même les monographies particulières, écrites par des personnages autres
que des Chartreux.C'est ce qui vient de se produire pour l'ouvrage plein
de documents et de faits, — c'est là son meilleur éloge, — que
M. l'abbé Feige a consacré au couvent des moniales chartreuses de
Mélan, lequel n'a pas perdu tout à fait son affectation, puisqu'il est
devenu petit séminaire.
  Mélan, ville princière des barons de Faucignv, peut prétendre à une
antiquité relative, puisqu'on v a trouvé des tombeaux burgondes. Le
monastère auquel est attaché son nom fut fondé par la bienfaisance de
Béatrix de Savoie, qui établit en son domaine quarante religieuses et
sept pères chartreux : soixante-six hectares de terres et des vignes ser-
vaient à l'entretien du nombreux personnel de ce couvent.
   Un chapitre intéressant de l'ouvrage est celui qui a trait aux statuts
des moniales chartreuses : il ne sera pas inutile d'entrer ici dans quel-
ques détails. Trois sortes de religieuses forment la communauté : les
professes, chargées plus spécialement de l'office du choeur, les converses,
adonnées aux travaux manuels, mais avant fait des vœux, tandis que
les données n'en ont point encore prononcé. Les religieuses sont
d'abord postulantes avec l'habit séculier pendant un an, novices avec
la robe blanche pendant une autre année, professes jusqu'à l'âge de
vingt-cinq ans et, enfin, vierges consacrées à Dieu. La cérémonie de la
profession est particulièrement touchante : « A l'offertoire de la messe,
la novice s'avance au milieu de la partie haute du chœur ; puis, la tête
baissée, les mains jointes, elle chante à trois reprises une antienne et
trois fois le chœur répond en glorifiant Dieu. Alors, tombant à genoux
devant la prieure : « Priez pour moi, ô ma Mère », dit la novice, et elle
baise humblement la terre ; puis, elle réitère cette cérémonie devant
chaque religieuse. Elle revient ensuite devant la grille où on la revêt
d'une nouvelle robe bénite et, en face de l'autel, elle lit les vœux tracés
de sa main. Elle baise la croix par elle tracée au bas de la formule, et la
    N 1 2. — Février IOCO.                                           IO