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A LYON AU XV SIÈCLE 399 Du reste, il faut distinguer. Aux débuts de l'impri- merie, les imprimeurs (il y en avait fort peu) ont été à la fois imprimeurs et graveurs; ils faisaient eux- mêmes leurs lettres, au moins jusqu'en 1485, ayant probablement quelquefois recours aux orfèvres pour cet ouvrage. La taille et la fonte des lettres de molle devinrent vers 1485 (autant que les chartreaux per- mettent de le constater) une industrie séparée. Le nombre des planches de bois gravées destinées à la décoration des livres était assez petit ; il a dû suffire de quelques ouvriers pour les produire, et les impri- meurs avaient l'aide des cartiers. L'état des choses changea vite. Le métier de tail- leur eut bientôt des exigences qui ne permirent ni au maître ni à l'artisan d'en exercer un autre. Quoi qu'on ait dit, la division du travail était introduite avant la fin du xv e siècle dans la fabrication du livre ; l'examen attentif des carnets de la taille le démontre. Les métiers de fondeur de lettres, de dessinateur et de tailleur d'histoires, d'imprimeur, d'enlumineur, de relieur, de libraire, étaient en certains cas pratiqués dans le même atelier, mais chacun de ces métiers était aussi plus d'une fois l'objet d'une petite entre- prise distincte. S'il y a eu, au xv c siècle, à Lyon, comme à Venise, des imprimeurs qui ont dessiné et gravé leurs bois, nous doutons qu'on en compte plus de trois ou quatre, et encore n'ont-ils pas pu tra- vailler d'une façon suivie. des illustrations (dessins et gravures). Il y en a même eu plus d'un désigné à la fois comme imprimeur et graveur (inlagliador de figure de legno), par exemple Luc Antonio Giunta et Georgio di Rusconi.