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324                    ÉTUDE HISTORIQUE

 avait lieu en cette occasion, avait bien spécifié « qu'il n'en-
 tendait nullement se soumettre à la cour du seigneur roi
 ni de ses officiers, qu'il s'engageait seulement à se rendre
 en otage à Montbrisort, mais ne voulait pas dépendre du
 royaume (13). »
    Désormais, par ce contrat de mariage, les seigneurs de
 ces châteaux avaient reçu l'ordre de ne plus ressortir que
 du Forez, dont le comte devrait hommage au dauphin.
 Mais il le devait aussi à l'Église de Vienne qui n'abandon-
 nait pas ses droits. Aussi, le 3 1 mars 1296, Jean, comte de
 Forez, s'acquitta envers elle de cette mission pour toute
 cette partie du comté de Vienne qui s'étendait « depuis le
 Rhône jusqu'aux fourches du Puy ». « La cérémonie, nous
 dit Charvet (14), se fit dans la salle capitulaire, et Jean
 rendit son hommage pour toutes ces terres et châteaux, et
 portion du comté de Vienne, comme mouvans du haut fief
de l'Église, excepté les fiefs et châteaux d'Annonay, de
Serrières et de Peyraud, avec les biens que le seigneur
 dauphin et son épouse possédaient au lieu de Champagne,
qu'ils s'étaient expressément réservés. Le comte déclara
qu'il possédait et voulait posséder à l'avenir lesdits châteaux
et terres en fiefs rendables, ainsi que l'avait reconnu le
seigneur dauphin, son beau-père, en 1283. »
    Dans le xm* siècle et dans la première moitié du
xiv e , l'autorité de l'Église était toute-puissante. Bien que
les excommunications qui avaient été trop multipliées
dans les temps précédents eussent perdu de leur force,
il restait aux évêques suffisamment d'influence soit pour
acquérir, soit pour accroître leurs biens. Il y avait égale-


  (13) In Aug. Bernard, Histoire du Fore^, 1835.
  (14) Page 432, loc. cit.