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330 ORIGINES DE UJGDUNUJI. Sern, Vern, préfixes qui ne laissent pas que d'être communs dans notre marche, se rapportent également à ber. Crà se d'un primitif beran, qui se change par b mute en veran, le topique vern signifie, comme cymr. béruz : « liquide, fluent, aquatique » ; aussi le donne-t-on aux lieux humides, aux prairies basses et noyées et aux arbres rivulaires. Bern et Vern ont pour représentants en armoricain gwern, aune; en forézien varne, id. ('1); en lyon- nais vernotje (vernoc), humide, en parlant d'un lieu couvert (2) ; en gascon bernisso, oseraie, etc. Brévennes (étang des) et Brevenne (mas de) sont frère et sœur par métatbcse de Bebronne, fontaine de Bresse (3), et de tous les Bièvre, Beuvron, Bèbre, Biber, etc., rivières de France. Des celtistes interprètent Beuvron biber-aon « rivière de cas- tors, « du gaël. beabhar, lat. fiber, angl. beaver, ail. biber, lith. bebrus, fr. bièvre, castor, et aon pour avon, cours d'eau (4), Il est certain que lès premiers humains qui peuplèrent l'ouest de l'Europe durent rencontrer dans les lacs et les cours d'eau de ce vaste territoire des colonies de castors pareilles à celles qui éton- nèrent les Français débarqués au Canada .- cet amphibie, sous son vieux nom de bièvre, se voit encore aux embouchures du Rhône et le long du golfe de Biscaye, réduit à un petit nombre de couples solitaires et ne gardant de ses merveilleux instincts primitifs que l'industrie du lapin, du blaireau et du renard. Je regarde pourtant l'opinion des celtistes de qui je parle comme peu fondée. Le Beuvron et ses analogues Brévennes et Bebronna offrent bien les éléments d'un mot construit, susceptible de dé- composition en Biber-aon, mais, dans cette hypothèse, il restc- (1) P. Gras, Dict. du putois forézien. (2) Molard, Dict. gramm. du mauv. lang. (3) Pour les Brévennes et Brevenne, v. Lclt. à M. de Saint-Pulgent, p. 67 ; pour Bebronne ce passage de Ja légende de saint Domitien, au Vesiè- c!e : « Fontes... inter quos umira invertientes maximum Bebronœ indiderunt nomen. » (4) Entre autres, M. l'abbé Voisin, Balva ou Les Bardes, not. 24. — V. aussi Leibnitz, edit. Jacques, série I, p. 293.