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 508                       ORIGINES DE LUGDUNUM.
 une situation heureuse eile réunissait l'abondance que procure
 un sol fertile. Sa richesse éclate dans la somptuosité de ses villas,
 de ses demeures récemment rendues au jour, comme son impor-
 tance dans les restes du castellum que les Romains y élevèrent à
 l'époque du bas-empire, pour s'en assurer la possession paisi-
ble (1).
    Mais quelle était la divinité Asa? son nom à la fois masculin et
 féminin s'applique aux dieux ainsi qu'aux déesses de l'Asgard. Les
 personnages célestes qui président aux rivières sont aussi dieux
ou déesses: Asopus et Arar passent pour dieux, Sequana et
 d'autres pour déesses, ls ou Ahcz paraît être une Freya, Geffn
 « dispensatrice féconde, » une Flore ou Cybèlc Osismienne.
    Nous serions réduits à chercher notre route dans la vague
région des conjectures, si, par bonheur, nous n'avions, pour
nous aider à la franchir, une inscription des Nehœ, nymphes du
commerce et de l'abondance dans l'extrême nord de la Gaule (2).
Relatée par Keysler, en son Choix d'antiquités celtiques et sep-
tentrionales, celte inscription a le mérite, mérite énorme, de se
référer particulièrement à la question qui nous occupe. Sa décou-
verte eut lieu près d'Odenhuis, sur le Rhin, dans le XVII0 siècle,
et sa dédicace porte: Asericinehabus « aux Nehœ de l'Aseri-
cus » (3).
  De deux choses l'une : ou la banlieue d'Odenhuis possède un
cours d'eau du nom d'Ascricâs ou d'Azergue, ce que je n'ai pu
vérifier ; ou cet Asericus, dont parle l'inscription, est le nôtre.
Dans le premier cas, l'identité du nom, cette identité si remar-


   (1) M. A. Bernard, Descript. du pays des Ségusiaves, p. 101.
   (2) Neha, une nechs, nichs, nix, une nymphe ou ondine Scandinave ;
17J des latins remplaçant chs ou x des anciens Belges et Batavcs. Neha
se postpose à nombre do substantifs topiques, Vakallinehœ, par exemple,
les Neha; ou ondine?, de Wakletidorf (Kcvsler Anliq. Select. Septcnt. et
Celt. pp. 263 et suivantes. — Pougens, Mém. de l'Acad. celt., t . i, pp. 217
à 2 3 3 . — Steiner, n» 926, 718, 634. — M. de Sourdeval, Mém. de la
Soc. Archiol. de Touraine, t. m, pp. 216 à 231.
  (3) Keysler, loc. cit.