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 286                     CHRONIQUE LOCALE.

 par six chevaux caparaçonnés de noir, ayant quatre panaches
 noirs a ses côtés et un autre au sommet du dôme. Les cordons
 étaient tenus par des gens en livrée.
    Toutes les musiques exécutaient de temps en temps des
 symphonies funèbres.
    Le défilé n'a pas duré moins d'une heure et demie; la
foule était immense sur le parcours et aux fenêtres. V,ers
 10 heures, une messe très-solennelle a été célébrée dans
l'église prîmaliale, en présence de toutes les autorités mili-
taires, judiciaires et civiles. Mgr de Gharbonnel a dit l'absoute.
Toute l'église, depuis le fond du chœur jusqu'aux portes,
était tendue de draperies noires couronnées de guirlandes
d'étoffe blanche ; le portail de l'église était également tendu
de noir. Un très-beau catafalque, sur lequel planait un dais
trèsélancé, et qui étincelait de mille bougies allumées, s'éle-
vait au milieu de la nef principale. Après la cérémonie, le
corps a été porté dans le corbillard, et le cortège s'estremis
en marche dans le même ordre qu'auparavant; il s'est di-
rigé vers la gare de Perraehe, d'où les restes mortels de
M. Vaïsse ont été transportés à Marseille, lieu de résidence
de sa famille.
   — C'est M. Chevreau, préfet de Nantes, qui est appelé a
remplacer M. Vaïsse a Lyon.
                    CHRONIQUE LOCALE.

    La ville de Lyon est en vacances, et de même que les grands
journaux assurent que tout Paris est aux eaux, nous pouvons décla-
rer que tout Lyon est à Oullins, Ecully, Saint-Cyr ou Couzon ; nous
 ferions mieux de dire sur la route de ces charmantes résidences, car
pour la plupart de nos négociants le séjour à la campagne n'exclut
pas la surveillance des affaires, et si l'on couche dans les champs, on
passe la journée à la ville, ce qui occasionne un mouvement de va-et-
vient continuel à la grande jubilation des chemins de fer qui chantent
tout l'été, et des omnibus qui ne se tiennent pas d'aise depuis mai
jusqu'à la triste chute des feuilles.
   Heureux les habitants de la campagne ! ils ne se noient pas avec
les Mouches ; ils ne brûlent pas avec la Croix-Rousse ou les Brotteaux.
Notre ville qui semblait ne devoir périr que par quelque gigantesque
inondation, flambe, malgré ses fortes maisons de pierres, comme une
ville de Champagne ou de Normandie, comme Limoges, de triste mé-
moire, comme si les jours du vieux Sénèque allaient revenir. Aux