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387 Elle est une conséquence de celle de Kant et une transition à celle de Sehelling. L'auteur comprit lui-même l'insuffi- sance de son point de vue cl la tendance naturelle de sa doctrine vers celle de Sehelling, puisque, dans les dernières années de sa vie, il sembla l'abandonner et se rapprocher de ce dernier (1). Fichte, tout en cherchant à expliquer la distinction des deux termes du moi et du non-moi, du sujet et de l'objet, avait plutôt absorbé l'un dans l'autre ; au lieu de chercher un principe objectif, où se concilierait l'opposition des deux termes, il avait cru pouvoir trouver cette conciliation dans l'activité infinie du moi. Le rationnel disparaissait ainsi du monde objectif, et il ne restait plus qu'une série de monades isolées, qui se créaient chacune son monde pour construire sa conscience. C'était plutôt les monde des apparences que celui de la réalité. Car l'individuel, c'est l'apparent. Sehelling arracha la pensée à cet étroit formalisme où Kant et Fichte l'avaient emprisonnée, réhabilita la raison, et lui rendit sa confiance, la transporta dans le monde, cl proclama que tout être est une pensée raisonnable. C'est ainsi que, tout en mettant à profit les travaux des deux philosophes qui l'avaient précédé, il donna une grande et nouvelle impulsion à la philosophie, et l'on peut dire qu'à cet égard, il est le maître d'IIégel. L'on a comparé ces deux hommes illustres à Platon et Arislote. La comparaison est juste dans une certaine mesure. Sehelling paraît doué d'une plus grande puissance d'invention. Gans l'appelle, dans un langage un peu emphatique, un nouveau Colomb qui ouvre à la science des routes inconnues , un monde nouveau. « Quant à Hegel, dit-il, il n'était pas doué, comme Sehel- ling, de ces vols sublimes du génie, mais il possédait dans un ( i ) Voy. son ouvrage : Amvdsuvrj zur sclir/cn Lebciu