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 Elle est une conséquence de celle de Kant et une transition
 à celle de Sehelling. L'auteur comprit lui-même l'insuffi-
 sance de son point de vue cl la tendance naturelle de sa
 doctrine vers celle de Sehelling, puisque, dans les dernières
 années de sa vie, il sembla l'abandonner et se rapprocher
 de ce dernier (1).
    Fichte, tout en cherchant à expliquer la distinction des
 deux termes du moi et du non-moi, du sujet et de l'objet,
 avait plutôt absorbé l'un dans l'autre ; au lieu de chercher
 un principe objectif, où se concilierait l'opposition des deux
 termes, il avait cru pouvoir trouver cette conciliation dans
l'activité infinie du moi. Le rationnel disparaissait ainsi du
monde objectif, et il ne restait plus qu'une série de monades
isolées, qui se créaient chacune son monde pour construire
sa conscience. C'était plutôt les monde des apparences que
celui de la réalité. Car l'individuel, c'est l'apparent.
   Sehelling arracha la pensée à cet étroit formalisme où
Kant et Fichte l'avaient emprisonnée, réhabilita la raison,
et lui rendit sa confiance, la transporta dans le monde, cl
proclama que tout être est une pensée raisonnable. C'est
ainsi que, tout en mettant à profit les travaux des deux
philosophes qui l'avaient précédé, il donna une grande et
nouvelle impulsion à la philosophie, et l'on peut dire qu'à
cet égard, il est le maître d'IIégel. L'on a comparé ces deux
hommes illustres à Platon et Arislote. La comparaison est
juste dans une certaine mesure. Sehelling paraît doué d'une
plus grande puissance d'invention. Gans l'appelle, dans un
langage un peu emphatique, un nouveau Colomb qui ouvre
à la science des routes inconnues , un monde nouveau.
« Quant à Hegel, dit-il, il n'était pas doué, comme Sehel-
ling, de ces vols sublimes du génie, mais il possédait dans un

  ( i ) Voy. son ouvrage : Amvdsuvrj   zur sclir/cn Lebciu