page suivante »
480 cherchaient la pureté un pou froide et monotone des lignes: sans doute, — car il faut, quoiqu'on dise, que l'imagination se satisfasse et que la pure poésie s'ouvre un accès,—on a vu à côté du laugage le plus savamment vulgaire, resplendir les éclairs du lyrisme le plus extra-dramatique, comme si le poète avait voulu, après avoir donné lu pâture à la vraisemblance, faire la part aussi à la convention idéale, et rendre les couleurs plus vives par le rapprochement. L'art en effet brille plus aujourd'hui par le contraste que par l'harmonie ; c'était le contraire autrefois, et ce sont là , il nous semble, les deux éléments dont l'équilibre constituerait la perfection, mais que la main hu- maine, toujours mal assurée, distribue toujours d'une manière iné- gale ; mais, quoi qu'il en soit des révoltes, les principes nous parais- sent ceux que nous avons indiqués. Eh ! bien, que l'on compare à cette mesure l'œuvre de M. Ponsard, et l'on se convaincra, pour em- ployer les vieux mots de ralliement que l'on pouvait croire morts et qu'on a récemment rappelés, on se convaincra que c'est tout simple- ment une tragédie romantique et, nous disons plus, d'un roman- tisme pur et irréprochable. Et d'abord à quels hommes avons-nous affaire ? Est-ce à des per- sonnages de tragédie en effet, et croit-on qu'ils fusseut les bien ve- nus au milieu de ces graves et solennels héros que les maîtres nous ont transmis ? Voyez Sextus, le jeune roué, Sextus qui n'est pas, du reste — et nous n'attachons pas grande importance à cette critique — un con- temporain de l'action, mais plutôt un débauché et un efféminé du temps de Tibère, Sextus est un personnage comique presque jusqu'à la fin, et de plus hideux, criminel sans excuse, imprudemment emporté vers l'objet de ses désirs non par la passion, mais par une brutalité de barbare; Sextus nous rappelle,—nous ne voulons pas, on nous comprendra, parler d'autre chose que d'une analogie fortuite et très-générale,—Sextus nous rappelle, disons-nous, le François I er de le Roi s'amuse, cet homme Sans crainte, sans pitié, sans pudeur, sans amour; et quand on oublierait son langage si gracieux, si éloquent, si plein des fleurs les plus fraîches de la muse antique, mais si contraire