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part à l'élection des maîtres des métiers chargés de nommer
les nouveaux consuls. Là fut l'abus. D'abord ces six élec-
teurs, qui exerçaient naturellement une grande influence sur
de simples artisans, se contentèrent de faire adopter leur
choix par l'assemblée ; mais, peu a peu, ils s'attribuèrent
l'élection à eux seuls, et dépouillèrent un jour lout-à-fait
le peuple de sa modeste part d'action dans le gouvernement
de la cité. Une fois en possession du privilège exhorbilant
de choisir les maîtres des métiers, ils n'élurent plus que
ceux dont la voix , par un motif ou par un autre, leur
était acquise, et faisaient ainsi nommer consuls leurs parents
ou leurs amis, tous ceux enfin dont ils pouvaient attendre
le même service l'année suivante. Ainsi, maîtres de la for-
 tune publique, plusieurs d'entre eux se livrèrent même aux
spéculations les plus criminelles, telles que l'accaparement
des grains.
   Le peuple exaspéré se souleva dans les premières années
du XVe siècle, et, un moment vainqueur, parvint à faire
admettre ses élus dans le Consulat. Mais cette administration
dura peu. Les troupes du roi ayant été introduites dans
la ville, malgré ses privilèges, et par ceux même qui ôtaien'
chargés de les défendre, douze des plus compromis dans le
mouvement populaire furent décapités, et leurs tètes, fixées
sur des pieux, le long du pont de Saône, servirent d'exemple
à ceux qui auraient été tentés de recommencer.
   Toutefois on crut devoir accorder au peuple des espèces
de tribuns, qui sous le nom de procureurs des artisans,
étaient chargés de défendre ses intérêts dans la Commune.
Mais il n'est pas nécessaire de dire que cette garantie in-
complète était la plupart du temps illusoire.
   A partir de cette époque, le gouvernement consulaire fut
définitivement constitué. N'ayant plus à défendre son exis-
tence au dehors, il s'occupa à régulariser son administra-