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de recevoir le primat avec tous les honneurs convenables à
l'élévation de son rang et à la dignité de son infortune.
   La marche d'Anselme fut un véritable triomphe; il avait
beau se presser, la renommée de ses prodiges le devançait
partout. Elle appelait sur sa route des foules nombreuses,
des groupes de moines^ de clercs avec les bannières déployées,
les uns le saluant par des cris de joie., d'autres avec des can-
tiques.
   Arrivé à Lyon , il y reçut de Hugues, du clergé, du peuple
lyonnais, un accueil difficile j peut-être même impossible à
dépeindre.
   Anselme était fatigué de son voyage , et sa santé, com-
promise par de longs chagrins, avait besoin de ménage-
ments. Le repos qu'il prit à Lyon , pendant trois mois, le
sauva des pièges que lui tendaient ses ennemis, les parti-
sans de l'empereur Henri et ceux de l'anli-pape Guibert.
Lassés de l'attendre sur la roule de l'Italie , avertis d'ailleurs
par des pèlerins qu'il était tombé dangereusement malade à
Lyon, ils se retirèrent. Le 29 mars 1099 et le mardi avant le
dimanche des Rameaux, Anselme quitte nos murs, franchit
les 1 t s , traverse librement l'Italie, arrive à Rome, tombe
aux genoux d'Urbain, qui l'embrasse avec transport et le reçoit
honorablement dans son palais.
   Laissons, comme étranger à notre sujet, le récit du voyage
 d'Anselme , tout ce qu'il fit dans la capitale du monde chré-
tien , les honneurs qu'il y reçut, les ouvrages qu'il y com-
 posa , ses disputes savantes contre les Grecs, au concile de
 Bari. "Vers la fin de l'année 1099 , à travers mille périls aux-
 quels il eut le bonheur d'échapper, Anselme revînt à Lyon,
 bien résolu d'y finir en paix ses jours. Il voyait d'un côté
 qu'Urbain ne prendrait jamais sur lui de terminer ses diffé-
rends avec Guillaume par des voies de rigueur, et n'essaye-
 rait pas non plus de ruser avec un prince dont l'astuce
 égalait la violence. De l'autre , pouvait-il espérer un seul jour
 de calme et de tranquillité, s'il rentrait à Cantorbéry sans