Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                        489
 Si celles de l'erreur sont seules approuvées,
 Sache que ce grand Dien ne permet pas en •vain
 Que la corruption gâte un esprit mondain ;
Sache qu'un puissant roi connaît une puissance
A qui, comme vassal, il soit obéissant,
Et qu'un troisième encore est plus haut que ces deux;
Qu'il reçoit leur tribut et peut disposer d'eux,
Et qu'au-dessus de tous il est un autre empire,
Sous qui l'être vivant se soutient et respire.
Dieu possède la terre et gouverne les cieux ;
Son royaume est immense et comprend tous les lieux ;
On le sait aux climats où se lève l'aurore,
Le midi le connaît et le couchant l'adore ,
Et la zone torride, où régnent les splendeurs,
A conçu pour ce roi de fidèles ardeurs,
Et comme l'univers est de sa dépendance ,
L'univers est soumis à celle providence.



                        II.


 Qui donne à son travail la sueur de son front,
Repose volontiers dans un sommeil profond ,
Et plus il a sué le long de la journée ,
Plus doux est son repos quand elle est terminée;
Alors il se délasse , et c'est le premier fruit
Que le p r é , que la vigne ou que le champ produit.
Qu'il ait ou plus ou moins soupe , quand il se couche,
Sans rien appréhender, sans être inquiété,
Il ronfle également et l'hiver et l'été ;
Mais un si doux repos n'est pas pour cet avare ,
Qui fâche tout le monde et qui vit en barbare ;
Les soins continuels l'empêchent de dormir;
Le moindre bruit qu'il ait le fait craindre et frémir;
Tout le sommeil qu'il prend est pire qu'une veille ;
Il rêve quand il dort; il ne sait s'il sommeille ,
Il croit que son logis est rempli de larrons,
Il cherche autour du lit, il rôde aux environs ,