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 Il y raconte les persécutions du monarque oppresseur, les
 raisonnables concessions et les généreuses résistances qu'il a
 cru devoir faire pour le bien de l'Eglise et de la paix. Lassé
d'une lutte inutile à la fois et si p é n i b l e , il n'attend que la
décision de son a m i , décision qu'il s'engage à suivre avec
toute la déférence d'un fils soumis à l'égard d'un père véné-
rable. La suscription de la lettre est conçue en ces t e r m e s :
Domino et arnico charissimo lugdunensi archiepiscopo, Hugoni...
Dans une lettre précédente (1), on trouve une formule encore
plus respectueuse : Dilecto patri fidelis fdius.
    Nous n'avons vu nulle part la réponse de l'archevêque,
mais sans doute elle fut conforme aux vœux d'Anselme ; car
 celui-ci ne larda guère à exécuter son projet. Déguisé en pè-
lerin , il partit au mois d'octobre de l'année 1097, accompa-
 gné de deux religieux , nommés , l'un Alexandre , moine de
 l'Église de Canlorbéry, et l'autre Eadmer^ qui depuis raconta
les actions du saint prélat (2).
    Ils s'embarquèrent à Douvres, e t , après avoir traversé une
partie de la France, ils arrivèrent à Cluny, trois jours avant
la fêle de Noël de l'année 1098. De l à , Anselme écrivit à Hu-
gues pour lui faire part de cette nouvelle.
  On ne saurait peindre la joie de noire archevêque. Il en-
voya tout de suite au-devant de l'exilé les personnages les
plus importants de son église et de sa maison pour le prier
de ne mettre aucun retard à sa venue. En même temps il
écrivait à son suffragant, l'évêque de Mâcon , lui ordonnant

   (1) Liber I I , epist. XI.
  (2) Eadmer, appelé par corruption Edmer ou Ediuer, était Anglais de
naissance. Il fut d'abord moine du Bec, puis de Cantorbéry. Dès ce jour, il
ne quitta plus Anselme , l'accompagna dans son double extl et fut l'historien
de sa vie. Les ouvrages d'Eadmer sont estimés pour l'ordre et l'exactitude.
Le style en est abondant, facile et naturel; mais il nous semble que Sel-
den a tort de l'appeler élégant. Voir Dom Ceillier, lome 1. page 249.
   Nous puiserons également dans sa vie de saint Anselme et dans son Hu-
toria novorum les circonstances de notre récit.