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366 LA R E V U E LYONNAISE cessives. Ces expiations durent jusqu'à ce que l'âme soit digne par sa pureté de l'ineffable jouissance dans l'unification. Le Maha-Bharada, aujourd'hui traduit en plusieurs langues, est également fertile en révélations précieuses. La guerre entre les Courons et les Pandous forme le thème de ce poème. Il est, d'après les indianistes, antérieur de plusieurs siècles à l'ère vul- gaire. Cette profonde antiquité donne à croire qu'il a nécessaire- ment servi de modèle aux livres plus modernes qui présentent une certaine affinité avec sa doctrine et sa morale. Le dieu Krichna, qui occupe une large place dans le poème, se présente sous dès aspects tellement variés que toutes les traditions semblent s'être inspirées des rêveries des Brahmanes et avoir puisé à la source si féconde de leur mythologie. Tantôt, comme Her- cule, on le soustrait dans son enfance à la poursuite de son en- nemi; tantôt, comme Bacchus, il apparaît à la tête des fêtes cham- pêtres, et conduit les danses des bergères; tantôt, la houlette à la main, il soigne, comme Apollon chez Admète, les troupeaux de Nanda, et sa flûte n'est pas moins mélodieuse que celle du Dieu de la Grèce; on en jugera par cette traduction de M. Pavie que je ne puis m'empêcher de reproduire : « Montées sur leurs chars, les filles des dieux s'approchèrent de l'endroit où Krichna jouait de la flûte. Elles se tinrent devant lui, joignant leurs mains. Leurs vêtements avaient glissé, elles n'y prenaient pas garde. Les vaches qui entendaient la mélodie restaient immobiles, l'herbe entr<3 les dents. Les petits veaux charmés oubliaient de boire le lait. .Les gazelles et les autres ani- maux de la forêt restaient le cou tendu. Les ascètes et les sages, les démons aux desseins pervers étaient également fascinés. Les rivières suspendaient leurs cours. Arrêtés dans leur vol, les oiseaux se perchaient et écoutaient, les yeux fermés. » Krichna apprend aussi à l'homma à servir Dieu ; enfin il se montre à nous, comme le désiré des nations, le rédempteur du monde. Il n'écrivit rien lui-même, mais ses apôtres, au nombre de douze, connus sous le nom d'Ajva, répandirent sa doctrine et sa morale dans l'Inde. Il naquit à Madourey, peu de temps avant l'origine du Kaly-