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250                   LA REVUE LYONNAISE




                                  VII


    Le déluge, nous dit M. de Rosemont d'accord en cela avec la
 plupart des exégètes modernes, le déluge ne paraît en aucune fa-
 çon avoir frappé la terre tout entière. En voici les raisons : lole
 texte de la Genèse n'est pas décisif; il n'y a qu'une fois dans la vul-
 gate universa terra, et partout ailleurs terra simplement ;
 2° l'arche ne pouvait être assez grande pour porter pendant sept
 mois et vingt jours deux individus de toutes les espèces animales,
 avec leur nourriture. La conservation des animaux dont parle
 Moïse doit seulement s'entendre des animaux domestiques ; donc
 les autres ont dû être conservés autrement ; 3° la conservation
 de la flore, qui est affirmée formellement par le texte sacré, est
physiquement inexplicable, si, la pluie ayant duré quarante jours,
l'immersion qui s'en suivit fut générale pendant sept mois et vingt
jours ; tandis qu'une immersion aussi prolongée qu'on voudra,
n'ayant déterminé dans la flore qu'un vide local, ce vide peut, après
le cataclysme, s'être facilement comblé par l'extension de la flore
avoisinante; 4° enfin, la pluie, qui fut le phénomène principal
de ce grand cataclysme, ne peut pas avoir frappé toute la terre ;
il aurait fallu pour cela une création spéciale d'eau dont Moïse ne
parle pas.
   A ces raisons il enjoint d'autres tirées de l'archéologie; car
avec le déluge nous sommes en pleine histoire. Des peintures égyp-
tiennes qui remontent au moins au dix-septième siècle avant l'ère
chrétienne, nous montrent des hommes différents les uns des autres;
et notamment des nègres au visage prognathe très marqué. Si la.
famille de Noé a seule été sauvée, comment des types si diver-
gents auraient-ils pu se produire en si peu de temps, des calculs
à peu près certains plaçant le déluge aux environs du vingt-cin-
quième siècle? M. de Rosemont va plus loin, il croit même impos-
sible que, dans la période qui va d'Adam au déluge, quelque longue