page suivante »
BENOIT PONGET 291. pie maison Guérin, dans la rue Puits-Gaillot, se défend beaucoup mieuxdesonredoutable voisin.Mais outre qu'aujourd'hui on confond le riche avec le beau, des corniches épaisses, des trumeaux lar- ges, ne sont- plus appropriés à nos locations modernes, et cela coûte. On aime mieux mettre l'argent à la sculpture. C'est ainsi qu'on regarde souvent la toilette d'une femme avant que de r e - garder les proportions, la charpente et la beauté de son corps. Peut-être aussi que le talent de Giniez, très réel, tenait plus de l'ornemaniste que de l'architecte. Les deux colonnes isolées à l'entrée du passage, et qui portaient naguère les statues de Phili- bert Delorme etdeMaupin, aujourd'hui tombées en ruines, n'é- taient pas goûtées de Dardel, qui disait pittoresquement, et non sans raison, qu'elles « faisaient le grand écart ». Quoiqu'il en soit, la compagnie se devrait à elle-même et doit à la ville, de faire rétablir en bronze les deux statues, qui faisaient partie des projets approuvés, et sont comme une des clauses du contrat. Dans la construction du massif des Terreaux, Poncet fit une école qu'ont faite à la même époque beaucoup d'architectes lyon- nais, même ^es p-ius na-oues, et que.L>aruej., si expérimente et tout prudent qu'il fût, fit lui-même au Palais du Commerce. J'ai dit que l'on s'était fort engoué de la pierre de Cruas, ré- cemment importée. A ceux qui redoutaient qu'elle ne fût gélive, les fournisseurs montraient les balcons, les perrons, même les mar- ches sur le sol, qui, dans la Drôme et l'Ardèche, sont générale- ment fabriqués avec cette pierre, et supportent bravement les intempéries. On admettait d'ailleurs comme un principe en construction, que l'emploi des pierres gélives n'est à redouter que dans les parties voisines du sol, et l'on donnait pour exemple les pierres de Tour- nus et de Lucenay qui, ne résistant pas dans le voisinage du sol, se comportent cependant fort bien en élévation. Dardel, avant d'employer au Palais du Commerce les nouvelles espèces de pierre alors en faveur, les soumit à une épreuve que certains auteurs donnent comme probante, et dont l'invention est