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260 LA REVUE LYONNAISE rendre heureux. Ne voyez-vous donc pas, fit-elle en se rapprochant du jeune homme et en baissant la voix, que vous ignorez encore le véritable motif de votre échec? — Pourquoi me l'avez--vous caché, Clotilde ? — Parce que ce n'était point mon secret, parce qu'il faut toute l'amitié que je vous porte, à Séverine et à vous, tout le désir que j'ai de vous voir unis, pour le trahir aujourd'hui. Et encore conti- nuerais-je à me taire s'il ne s'agissait pas de vous faire profiter du service que Mme Lejarrois, vient de vous rendre, sans le savoir. — Expliquez-vous, de grâce. — Cette lettre de votre père que vous m'aviez confiée a appris à M. Lefort un nom qu'il cherchait depuis près de vingt ans. — Quel nom ? — Le nom du Réducteur de sa femme. Il avait saisi entre les mains de Mm0 Lefort un billet signé du prénom seul du général. Votre lettre lui a permis de reconnaître l'écriture de celui-ci. Clé- mence, votre sœur, est la fille de Mmc Lefort. —• Alors pourquoi m'avez-vous fait revenir, Clotilde ? Du mo- ment qu'il en est ainsi, tout est perdu. — Au contraire, tout est sauvé! Ne comprenez-vous pas que Séverine, qui vous croyait repoussé à cause de votre manque de fortune ou de vos voyages secrets à Melun peut-être connus de son père, enthousiamée aujourd'hui de votre généreux dévouement va s'en faire un argument d'autant plus irréfutable auprès de M. Lefort qu'il n"e pourra pas lui avouer pourquoi il avait rompu si brusquement avec vous ? — Ainsi, dit Maurice, vous êtes convaincue qu'une enquête a été faite sur mon compte à Melun? — Par M™Lejarrois, ou tout au moins à son instigation, oui; comme je suis convaincue que le personnage qui s'est présenté chez vous et qui a voulu savoir où vous étiez n'est autre que M. Chauret. Qui a intérêt à vous séparer définitivement de Séve- rine ? M. Chauret qui veut l'épouser, Mme Lejarrois qui veut vous épouser, vous, — Oui, tout cela me paraît assez clair, dit Maurice qui, portant peu de sympathie à Fernand, ne demandait qu'à le trouver en