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142 LA R E V U E LYONNAISE
de la Bibliothèque de la mile; (Lyon 1812, p. 26) : « Le P. Janin,
si versé dans la connaissance des antiquités, si respectable par
ses vertus, avait donné à la bibliothèque des Augustins le meil-
leur ordre. Arrêté pendant la Terreur, jeté sur la paille de l'hôtel
de ville qu'occupe maintenant le tribunal de commerce, combien
de fois j'admirai sa vaste mémoire, les faits intéressants qu'il y
avait déposés, sa douce résignation, ta touchante simplicité ! Il
avait près de quatre-vingts ans, et il parlait littérature avec le
feu de la jeunesse. Sa gaieté était inaltérable, et cependant il a t -
tendait la mort... elle arriva. Interrogé la veille et condamné, il
causait, avec calme, d'un médaillon du Diadumènien qu'il avait
trouvé, lorsque les bourreaux vinrent le saisir et interrompre pour
toujours ses intéressants entretiens i. »
Ce fut sans doute sa grande réputation d'antiquaire qui le fît
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Voici la copie textuelle de l'arrêt de mort du P . Janin.
LIBERTÉ, ÉGALITÉ
AU NOM" DU PEUPLE FKAMÇAlS
Jugement de la Commission Révolutionnaire prononcé le 4 ventôse an II
(14 mars 1794), en présence du peuple, sur la place de la Liberté.
« La Commission révolutionnaire établie a Commune-Affranchie par les Représen-
tants du Peuple. — Considérant qu'il est instant de purger la France des rebelles Ã
la volonté nationale, qui convoquèrent et protégèrent, à main armée, le congrès dépar-
temental de Rhône et-Loire — de ces hommes qui portèrent les armes contre leur
patrie, égorgèrent ses défenseurs;— de ces hommes qui, complices des tyrans, fédéra-
lisaient ia République pour, à l'exemple de Toulon, la livrer à ses ennemis et lui
donner des fers :
« Ouï les réponses aux interrogatoires subis par les citoyens ci-après nommés, et
attendu que la Commission révolutionnaire est intimement convaincue qu'ils ont tous
porté leurs armes contre la patrie ou conspiré contre le peuple et sa liberté, et qu'ils
sont évidemment reconnus pour être des contre-révolutionnaires,
« La Commission révolutionnaire condamne à mort,comme auteurs ou complices de la
rébellion lyonnaise (29 personnes) et Joseph Janin, âgé de soixante-dix-hùit ans,
ci-devant prêtre, natif de Commune-Affranchie, y demeurant quai Saint-Vincent,
section idem. Toutes les propriétés des susnommés sont confisquées au profit de la
République, conformément à la loi. En conséquence, la Commission révolutionnaire
charge le commandant de la place de Commune-Affranchie de faire mettre à exécu-
lion le présent jugement, lequel sera affiché et imprimé où besoin sera. Ainsi pro'
nonce d'après les opinions de Pierre Mathieu Parcin, président, d'Antoine Lafaye,
aîné, de Pierre-Aimé Brunière, de Joseph Fernex et d'André Corchant, tous mem-
bres de la Commission. Fait à Commune-Affranchie, le 24 ventôse, l'an second de la
République Française, une, indivisible, démocratique.
«Signé: PARCIN, CORCIIAND, LAPAYE aîné, FERNEX, BRUNIÈRE.»
Voici également le texte du procés-verbal Constatant l'exécution du P. Janin !